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Ceci est le site (et blog) d’Emmanuel Arnaud, auteur de romans et récits depuis 2006, publiés aux éditions Rouergue, Métailié, et Thierry Marchaisse.

Vous trouverez dans la rubrique « Presse » les resumés de mes différents textes et leurs chroniques médias, blog, libraires et bibliothèques. Les chroniques sur Tchikan se trouvent ci-dessous.


Tchikan

Récit paru le 5 octobre 2017 aux éditions Thierry Marchaisse (http://www.editions-marchaisse.fr/):

Texte d’Emmanuel Arnaud et dessins de Kumi Sasaki

Tchikan décrit l’expérience vécue d’une réalité de la société japonaise encore relativement méconnue en France, et très largement taboue au Japon : celle du harcèlement systématique des très jeunes filles, dès l’âge de douze ans, dans les transports en commun, par des hommes de tout âge, appelés pour l’occasion « Tchikan », et les conséquences de ce harcèlement sur la vie de ces jeunes filles, jusqu’à leur âge adulte.

Résumé – présentation du texte :

Tchikan décrit l’expérience vécue d’une jeune fille japonaise de douze ans, Kumi, à partir du premier jour de sa vie où elle rencontre l’un de ces « Tchikan » dans un train de banlieue sur le chemin du collège.

Kumi comprend étape par étape que non seulement le harcèlement qu’elle subira sera dès lors systématique, c’est-à-dire quotidien, mais aussi que si ses formes varieront, selon les situations et les prédateurs rencontrés, une chose, elle, ne changera jamais : au sein de la société japonaise personne, ni les autres passagers des wagons de train de banlieue, ni ses parents, ni ses amis, ni l’école, ni la police ne pourra jamais rien faire pour l’aider, faire cesser son supplice ou punir ses agresseurs. Sa vie quotidienne, sa vie sentimentale, et sa vision même de l’existence en seront bouleversées.

La seule issue de Kumi sera la fuite. La fuite dans un autre pays, la France. Pour raconter son expérience et faire en sorte que peut-être, un jour, aucune autre jeune fille, ni dans son pays, ni ailleurs, n’ait plus à subir ce qu’elle a subi.

Tchikan est le récit de l’expérience vécue d’une jeune femme Japonaise vivant actuellement en France, et qui est aussi l’auteure des dessins qui illustrent le livre.

Le récit détaillé que fait ce texte de l’expérience du harcèlement systématique d’une jeune collégienne japonaise par les tchikan est original en France, et presque jamais décrit au Japon même de ce point de vue-là, c’est-à-dire du point de vue de la jeune fille qui est la victime. – D’où la force et le caractère novateur du texte. Ce témoignage a par ailleurs en France une valeur originale d’illustration face à un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans nos sociétés occidentales elles-mêmes.

Eléments de contexte : Comment le texte a-t-il été écrit ?

L’écriture d’un tel texte a été pour moi une expérience tout à fait singulière, qui vaut la peine d’être contée. Kumi Sasaki m’a contacté il y a à peu près deux ans de cela, car elle savait que j’avais déjà publié quelques romans, et me disait qu’elle avait une histoire à partager, une vérité à dire. A cette époque, je me disais que pour moi, homme français de près de 40 ans, vivant en France (ayant certes, vécu par le passé quelques temps au Japon), écrire, c’est-à-dire me mettre dans la peau d’une petite fille japonaise de 12 ans vivant au Japon, serait un grand défi, d’autant plus qu’auparavant, dans tous mes textes, mes personnages étaient le plus souvent liés à des choses que j’avais vues de près, ou ressenties moi-même. Finalement, après quelques temps, nous avons décidé d’essayer tout de même et avons procédé de la façon suivante :

– nous nous sommes rencontrés avec Kumi un certain nombre de fois et Kumi me narrait son histoire, et certaines scènes précises. Je prenais des notes en l’écoutant. Quand je ne voyais pas bien la situation décrite, je lui posais diverses questions pour preciser les  éléments de la scène et/ou Kumi me faisait des dessins, et/ou m’envoyait des photos, et autres documents. Cette phase avait pour but de me permettre d’écrire les scènes correspondantes, de bien voir leur extériorité; 
– Ensuite, et c’était le plus difficile, il fallait que je parvienne à assimiler l’intériorité de Kumi, pour pouvoir écrire le texte en prenant le bon ton, c’est à dire le ton de la petite fille japonaise de 12 ans. Pour cela, d’une part, je me suis servi de mon expérience d’auteur jeunesse. D’autre part, j’ai demandé à Kumi de m’envoyer des morceaux de son « vécu », c’est-à-dire comment elle avait elle-même vécu lesdites scènes, afin de pouvoir comprendre en lisant ses propres mots, quel était le bon ton à prendre pour me mettre dans sa peau en écrivant le récit;
– Ceci fait, j’ai fait un essai d’écriture avec une première scène (le premier chapitre), qui m’a semblé bien fonctionner. Kumi l’a relu et précisé certains éléments factuels.
– nous avons dès lors adopté la même méthode pour toutes les autres scènes, tous les autres chapitres du texte, le travail étant de plus en plus facile, car le plus difficile était pour moi de trouver ce bon ton.
– ensuite, à partir de tous ces souvenirs de scènes de Kumi, j’ai bâti une structure de récit,  afin d’ordonner au mieux la progression de l’histoire de Kumi. 
Et le texte a ainsi été composé en environ 3 ou 4 mois. Ensuite, lorsque j’ai soumis le texte aux éditions Thierry Marchaisse, l’éditeur a eu la bonne idée d’insérer les dessins que Kumi m’avait faits pour aider l’écriture, dans le livre lui-même. C’était une très bonne idée, car cela rend à mon sens encore plus clair et plus intéressant le récit.

 

Chroniques presse – média – librairies – bibliothèques

23 Janvier 2018

  • Chronique de Tchikan sur Nextshark.com (en anglais) par Makio35Pon  :

https://nextshark.com/japanese-woman-groped-on-the-train-for-six-years-writes-a-book-about-it/

« A Japanese woman who was groped on the train for six long years just published a book that chronicled her horrifying harassment experiences.

Groping in public transportation, or “chikan”, is an arguably tolerated phenomenon in Japan. Schoolgirls are common victims, usually of overworked men seeking outlets to release stress.

In the aptly-titled “Tchikan,” Kumi Sasaki shared stories of the daily groping she suffered from the ages of 12 to 18 — her middle and high school years, according to Courrier

She recalled her first chikan incident (translation via SoraNews24):

“The fingers of his unfamiliar hand went inside the collar of my blouse. Then he touched my back, he touched my legs, my waist, even my butt. He placed his hand directly under the cheeks, quietly raising up my skirt by just moving his fingers, and he touched my left thigh under my skirt.”

That would only be the beginning of Sasaki’s nightmares. Over the next six years, she was groped and by men of all ages, from the late teens to their 70s.

he endless chikan eventually took such an emotional and mental toll on Sasaki that she thought of killing herself; thankfully, she confided in her friend about the harassment, and through their bond she was saved.

Sasaki, who now lives in Paris, published the book in French. The title sees a growing success since its launch in October 2017.

She hopes that by putting her book out there, many with similar groping and harassment experiences will be inspired to have courage and finally come forward. It’s her way of starting Japan’s #MeToo movement!

The title, co-authored by French writer Emmanuel Arnaud, is available on Amazon France. »

23 Janvier 2018

  • Chronique de Tchikan sur Japantoday.com (en anglais)  :

https://japantoday.com/category/national/japanese-woman-publishes-book-about-being-groped-on-the-train-for-six-years-from-age-12-to-18

  • Chronique de Tchikan sur Voce Sabia Anime (en portugais – Bresil)  :

https://www.vocesabiaanime.com.br/2018/01/japonesa-escreve-livro-sobre-os-6-anos-de-chikan-em-trens.html

  • Chronique de Tchikan sur Japo.Vn (en vietnamien)  :

https://japo.vn/contents/doi-song/58568.html

21 Janvier 2018

  • Chronique de Tchikan dans Rocketnews24 (en anglais) par Scott Wilson  :

https://en.rocketnews24.com/2018/01/22/japanese-woman-publishes-book-about-being-groped-on-the-train-for-six-years-from-age-12-to-18/

« Her attackers were many, and her helpers were few.

Men who grope women on crowded trains, known as chikan in Japanese, are a serious problem. There have been a variety of strategies taken to help protect against chikan, from women-only trains to stickers of shame that are impossible to wash off, which women can stamp on their attacker’s hand.

Kumi Sasaki is on such victim of chikan, who recently published a book chronicling her traumatizing experiences. From the age of 12 to 18, she was groped nearly daily on her commute to and from school, for six years straight.

The book was released in November last year, and has been growing in popularity since. Sasaki describes the incidents that took place throughout middle and high school for her, all of them chilling and gripping.

Sasaki recalls her first chikan incident, when she was on Tokyo’s Yamanote Line. She felt a man’s hand rub against her, and at first she just through it was from the train moving abruptly. But then, it didn’t stop. She writes:

“The fingers of his unfamiliar hand went inside the collar of my blouse. Then he touched my back, he touched my legs, my waist, even my butt. He placed his hand directly under the cheeks, quietly raising up my skirt by just moving his fingers, and he touched my left thigh under my skirt.”

Being so young, Sasaki had no idea what was happening and simply went into shock.

But it didn’t end there. Almost every day for the next six years, she continued to be assaulted on the train during her commute. The perpetrators varied from men in their late teens to older men in their seventies and everything in between. She was even followed home by a married man in his fifties after he groped her, with him telling her that he wanted her to have his babies.

The endless cycle tortured Sasaki, who turned to self-harm and attempted suicide, only saved thanks to a supportive friend. Now in her mid-thirties, Sasaki lives outside of Japan, understandably still terrified of both men and riding on trains.

Sasaki wrote Tchikan in order to spread the word about how chikan are more dangerous than people realize. She says that many Japanese people think it’s just a small thing, not a big deal, and with misguided illustrations like “women who attract chikan and women who don’t,” she definitely has a point.

The way in which chikan incidents are treated trivially in Japan left Sasaki isolated and unable to seek help to escape her pain. By writing this book, she wants to show how deep the wounds are that chikan can cut.

Tchikan is currently only available in French, but if you’re interested you can order it on Amazon France.

The reasons chikan exist in Japan are many, and it will take a lot of cultural changes before they are no longer an issue. But until then, this book is a necessary first step, and Sasaki is extremely brave for being the one to take it. »

17 Janvier 2018 

  • Chronique de Tchikan dans le Courrier International Japon (en japonais) par Kumi Naruse  :

https://courrier.jp/news/archives/109596/

16 Janvier 2018

  • Tchikan dans le choix des nouveautés de la librairie Violette&Co (Paris) :

http://www.violetteandco.com/catalogue/?fond=nouveau

11 Janvier 2018 

  • Chronique de Tchikan dans FFCJ (Foreign Correspondents’ Club of Japan) (en anglais) par Johann Fleuri  :

http://www.fccj.or.jp/number-1-shimbun/item/1024-a-one-time-victim-raises-her-voice-against-chikan.html

10 Janvier 2018

  • Chronique de Tchikan dans Le Vif (Belgique)  :

http://www.levif.be/actualite/international/le-japon-et-le…/article-normal-778429.html

« Une illustration saisissante en est encore fournie par le récit de la Japonaise Kumi Sasaki. Elle a été victime dès l’âge de 12 ans d’agressions sexuelles par des prédateurs dans les trains à l’heure du rush des transhumances professionnelles à Tokyo, dénommés Tchikan, titre de son ouvrage corédigé par Emmanuel Arnaud (éd. Thierry Marchaisse, 128 p.). Par des propos parfois crus mais utiles à son témoignage, l’auteure raconte comment le  » monde de l’habitude  » – le trajet quotidien que suivent les jeunes filles pour rejoindre leur école – peut se transformer en un  » événement horrible  » du fait d’hommes costumés et cravatés en quête de  » fantaisie dans une vie hypernormée « . Le lieu du crime n’est pas innocent : la promiscuité des wagons favorise l’anonymat et l’impunité. L’épreuve est d’autant plus traumatisante que la société japonaise n’est pas prête, selon Kumi Sasaki, à véritablement combattre ces actes.  » On donne des semblants de façons de se défendre aux victimes plutôt que de s’attaquer aux coupables « , déplore l’auteure. Elle en fera elle-même la douloureuse expérience, devant des policiers auprès desquels elle a eu le courage de dénoncer un tchikan et, surtout, face à sa mère qui, par manque cruel d’empathie –  » C’est aussi de ta faute, tu vois… « , reproche-t-elle à sa fille jugée trop  » coquette  » – lui procurera le sentiment d’avoir été agressée une deuxième fois. Eloquent et effrayant »

4 janvier 2018

  • Chronique de Tchikan dans le Psychologies magazine (janvier 2018) par Christine Salles :

« Un temoignage indispensable, parce qu’on ne peut pas s’accommoder de la violence faite aux enfants »

1er janvier 2018

  • Chronique de Tchikan dans le Nouveau Magazine littéraire (janvier 2108) par Alain Dreyfus :

« Il faut se confronter à ce témoignage d’une désespérante douceur »

31 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur Babelio.fr par Impression-de-lecteur :

https://www.babelio.com/livres/Arnaud-Tchikan/988772

« Livre est très bien écrit, il est aussi très bien illustré. Ce livre a, d’abord, pour objectif d’informer sur le phénomène des « tchikans » ; pervers qui pratiquent des attouchements sur les enfants et adolescentes dans les transports en commun de Tokyo. Kumi S. est très critique envers les media japonais. Elle les accuse d’organiser le « Enjo-Kosai », relations tarifées entre un homme adulte et une enfant ou une adolescente. Ce livre a, ensuite, pour objectif de changer les choses notamment l’impunité dont jouissent les tchikans. « 

  • Chronique de Tchikan dans France Japon Eco par Régis Arnaud :

« Le trait le plus odieux du harcèlement sexuel dont les collégiennes japonaises sont quotidiennement victimes (dans les transports en commun, dans la rue…) est sans doute de se voir attribuer, souvent par leurs proches, la responsabilité de leurs tourments. C’est la triste constatation qui ressort de Tchikan, le livre- confession écrit par Kumi Sasaki et Emmanuel Arnaud. L’auteur se fait attoucher dès les premiers jours de sa scolarité japonaise. Outre la compréhension molle de ses professeurs et l’indifférence de la police, elle se heurte aux réprimandes de sa propre mère, qui lui explique qu’elle porte des sous-vêtements trop provocants. Par la suite, ces « incidents » deviennent presque quotidiens. Ses copines de classe sont soumises au même régime. Kumi songe à se suicider. Elle est sauvée par l’arrivée inopinée d’une amie sur le lieu de sa tentative de suicide. Étudiante, elle trouve un jour le courage de dénoncer un agresseur. Avant que l’employé des chemins de fer qui recueille sa plainte, aussi psychologue qu’un kapo, traite son cas avec la banalité d’un retard de train. Quant à son professeur d’université, il se contente de déblatérer sur l’éternelle main leste des hommes. Elle quitte nalement le Japon pour la France. Et de terminer son récit : « Presque rien n’a changé depuis cette époque, n’est-ce pas ? Alors, si ce court récit pouvait aider ne serait-ce que l’une de ces collégiennes à ne pas souffrir comme j’ai souffert, s’il pouvait éveiller ne serait-ce qu’une seule conscience face à l’absurde anomalie que constitue l’impunité dont jouissent toujours les tchikan, je pourrais dire qu’il n’aura pas été complètement inutile ». Et si cette recension atteint le même but, tant mieux. »

29 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan et portrait de Kumi Sasaki dans Libération (du 29/12) par Arnaud Vaulerin :

http://www.liberation.fr/planete/2017/12/28/kumi-sasaki-menue-frottee_1619344

« Cette Japonaise, installée à Paris pour fuir le machisme de son pays, raconte ses années d’écolière à Tokyo harcelée par les «frotteurs» du métro.

L’effroi de la proie : sécheresse du ton et choix des mots, tout le nomme. Entre deux silences en suspens, Kumi Sasaki se revoit «figée», «glacée», «perdue». Elle avait 12 ans et 3 mois. Ce matin de juin 1993, elle se rend à l’école, anxieuse avant le grand examen trimestriel. La rame de la ligne Yamanote, le périphérique ferroviaire de Tokyo, est bondée. Petit gabarit de préadolescente sage et menue, Kumi Sasaki se retrouve plongée en longue jupe bleu marine et blanches socquettes à volants dans un wagon de salarymen en costumes uniformes stricts. Soudain, elle sent un pouce sur sa poitrine. Puis, très vite, une autre main lui caresse le cou avant de glisser vers le dos, les cuisses et les fesses. Sept longues minutes silencieuses sous la coupe d’un seul homme. Un inconnu qui l’entoure et la toise du haut de son 1,80 m. Elle ne dit rien. Ne bouge pas. Pas plus que les autres passagers, «qui n’ont pas vu ou pas voulu voir». Il descend à la gare de Shinagawa, après avoir dérobé l’innocence d’une petite fille

Ce matin-là, bien malgré elle, Kumi Sasaki bascule dans le monde des tchikan, ces prédateurs sexuels avides d’attouchements et de caresses qui peuvent aller jusqu’au viol, comme elle le raconte dans un livre effarant. Le phénomène au Japon, que l’on pourrait assimiler aux «frotteurs» des réseaux franciliens, responsables de 267 000 agressions en 2014 et 2015, est loin d’être anecdotique. Le spécialiste Akiyoshi Saito, qui dirige le département de santé mentale de la clinique Omori Enemoto à Tokyo, a traité des milliers de cas de pervers sexuels depuis qu’il officie. Il a listé les profils très divers des tchikan et les raisons qui les poussent à agresser. Ces dernières années, les autorités japonaises tentent de lutter contre ce crime. Caméras, campagnes d’affichage, mangas, applications pour smartphone, wagons exclusivement féminins, législation plus ferme, appels à la dénonciation, etc. Mais le fléau persiste. Les fillettes ne sont pas toutes dans le viseur des agresseurs, mais plus timides, plus solitaires, plus fragiles, certaines ont le triste privilège d’être davantage prises pour cibles.

Kumi Sasaki en a été victime «pendant six ans, et presque tous les jours». Et ce long calvaire silencieux ne cesse de stupéfier et d’interroger. Une fois, un tchikan introduit un doigt dans sa culotte et lui touche le sexe. Un matin, un employé s’amuse avec son parapluie. Un autre la remercie après l’avoir violentée. Un après-midi, un étranger se masturbe devant elle et sa copine Yuri, elle aussi proie régulière des tchikan. Un soir, descendue du train, elle est dans la rue quand un imperméable kaki qui la suit lui crie : «J’ai envie de jouir en toi.» Elle n’a pas 13 ans. Quand elle entre à l’université à 18 ans et qu’elle a remisé sa tenue d’écolière dans le placard des cauchemars, les fétichistes de la fillette à socquettes et jupette s’éloignent

Ce soir, la trentenaire est assise dans un café du quartier japonais près de l’Opéra, à Paris. Le buste droit, les jambes à l’équerre, assise sur le bout de la chaise. Tenue et contenue. Derrière sa tasse de café avalée du bout des lèvres, elle apparaît en discrète distante. Mais on perçoit vite que la jeune interprète free-lance et chercheuse en histoire, passionnée de Gide, nourrie à la fantasy de C.S. Lewis, est sur le qui-vive. En insoumise presque, même si elle ne divulguera pas sa réelle identité de peur de perdre ses missions auprès de grands groupes japonais pour lesquels le respect de la sacro-sainte harmonie et le refus des scandales sont les vertus cardinales du vivre ensemble et de la primauté des affaires. «Elle est d’une détermination extrême. Elle a persévéré des années durant pour parler de ce dont elle a été victime et de l’impunité terrible qui s’en est suivie», témoigne l’écrivain Emmanuel Arnaud, qui l’a aidée à mettre en forme son témoignage

Dans ce texte thérapie, cette aînée d’une famille de deux enfants de la classe moyenne tokyoïte (mère au foyer, père banquier) n’apparaît guère en pleureuse victimaire. Mais elle ne se prive pas de remettre les pendules à l’heure. Le soir de sa première agression, Kumi raconte tout à sa mère. Le retour est lapidaire : «C’est aussi de ta faute, tu vois…» Au même moment, les enseignants minimisent et ironisent. Même sa confidente Yuri, qui a subi les mêmes agressions, se fait l’apôtre de la soumission silencieuse. Viendront les tentatives de suicide et ces trois minutes de compte à rebours inabouti qui ont failli la voir se jeter sous le train. Yuri arrivera juste à temps. «Si on n’est pas protégé par sa famille, qu’est-ce qui reste ?» analyse Emmanuel Arnaud, évoquant ces six années passées à ne pas crier, à ne pas gesticuler, à ne pas pleurer. Une fois, pourtant, Kumi Sasaki a piégé un tchikan en le conduisant à la police. Il s’en est tiré avec des admonestations policières et des excuses sommaires. Aujourd’hui, la famille a compris. Retraités, les parents se sont installés à Paris avec leur fille, en partie pour fuir un «Japon limité et étouffant» ligoté par ses conventions et ses traditions, explique Kumi Sasaki. Après douze années de résidence en France, et non sans raison, elle fustige une société nippone machiste et un monde du travail dopé à la testostérone patriarcale, tétanisé par l’obéissance et le silence.

Dix-huit ans après sa dernière agression, Kumi Sasaki n’est pas pour autant passée en mode archivage et apaisement. «J’ai toujours voulu raconter mon expérience, aider les autres.» Elle savoure, avec un grand sourire, la parole libre des femmes qui balancent leur porc et assaillent la citadelle Weinstein et consorts. Avant de critiquer les articles de la presse nippone qui ont évoqué un «problème américain». «Bien sûr qu’il y a des agressions de femmes au Japon. Mais celles-ci n’osent pas parler car il ne faut pas casser l’harmonie, cingle-t-elle en détaillant combien l’érotisme et l’industrie du sexe irriguent les relations d’affaires. Il y a cette idée que les femmes, et surtout les jeunes, voire les très jeunes, sont les récompenses des hommes qui travaillent et ont de l’argent.» Kumi Sasaki nomme les choses avec une froideur parfois médico-légale qui s’évite l’impudeur. Elle ne tait pas les «moments difficiles des rapports sexuels» avec son premier petit copain. Il a eu «beaucoup de patience»,raconte-t-elle en enchaînant sur sa difficulté à vivre aujourd’hui une relation avec un homme au Japon, où elle se rend deux à trois fois par an. Elle se dit gourmande et se proclame même gastronome, avec une «vraie passion pour la cuisine française». Elle a «beaucoup aimé» le film de Frédéric Tcheng, Dior et moi, qui «montre bien le conflit intérieur du designer, et comment des hommes peuvent créer des choses extraordinaires malgré les difficultés». Faire naître un imaginaire peut aussi se révéler une échappatoire. Salutaire. »

28 Décembre 2017

  • Mention de Tchikan dans un article de Régis Arnaud paru dans le Figaro du 28/12/2017 :

https://www.pressreader.com/france/le-figaro/20171228/281505046591713

27 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site du journal japonais Toyo Keizai (en japonais) par Régis Arnaud :

http://toyokeizai.net/articles/-/202668

Traduction du debut de l’article (traduction par Kumi Sasaki) :

« L’histoire de Kumi Sasaki, victime pendant 6 ans de « chikan », dite en français et non en japonais. »

« Pourtant, les agressions sexuelles qui visent les étudiantes dans le transport en commun peuvent être les actes particuliers du Japon. Kumi Sasaki (pseudonyme) était aussi l’une des femmes qui souffraient des actes de Tchikan. Madame Sasaki qui habite actuellement en France a publié un livre titré « Tchikan » avec Emmanuel Arnaud, un romancier français, en octobre 2017.

Ce livre composé par le texte et des illustrations raconte des agressions de Tchikan qu’elle a subies pendant six ans il y a environs vingt ans au Japon, quand elle est allée à l’école. Les agressions a commencé juste après son entrée au collège et elle a continué à subir des attouchements dans la rame. Les actes duraient parfois huit minutes.

Elle sent des doigts entrent dans sa chemise. Mais elle ne peut ni crier ni bouger de peur. Evidemment, personne ne l’aide« 

13 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site lagrandeparade.fr par Guillaume Chérel :

http://www.lagrandeparade.fr/index.php/acrobates-de-la-plume/essais-societe-et-bien-etre/1985-kumi-sasaki-et-emmanuel-arnaud-la-japonaise-et-le-tchikan

« On appelle « Tchikan » ces prédateurs et leur forme d’agression sexuelle par attouchement. Ce sont des hommes ordinaires, de tout âge, des salarymanen costume cravate, qui opèrent dans la foule compacte aux heures de pointe, et se collent aux mineurs pour les toucher, caresser, fouiller. Une réalité quotidienne largement taboue au Japon. Personne ne les voit – ou ne veut les voir -, et les familles, tout comme la société, restent dans le déni de cette violence masquée. Kumi Sasaki en a été victime toute son adolescence, dès l’âge de douze ans, et c’est son histoire à hauteur d’enfant, illustrée de ses sobres dessins, qui nous est racontée ici.

Ecrit simplement, avec l’aide d’Emmanuel Arnaud, les éditions Thierry Marchaise ont publié ce témoignage avec le scandale Harvey Weinstein, accusé de violence et de harcèlement sexuel. On pourrait croire que c’est une particularité japonaise mais nous savons que ça existe aussi dans nos transports en commun (l’auteur de ces lignes peut en témoigner, pour avoir subi des attouchements, quand il était gamin dans le métro parisien). Un ouvrage tout en pudeur, très touchant parce qu’après l’agression (sexuelle), c’est l’indifférence de l’entourage qui est vécu comme une double peine. Le genre de traumatisme qui peut durer toute une vie, si on ne fait pas de thérapie. La résilience de Kumi Sasaki fut de quitter le Japon et d’écrire un livre tout en pudeur mais d’une froide violence« 

9 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site lesintelloes.com par Judith Bouchoucha et Héloïse Rakovsky :

http://jelislesintelloes.com/litterature-5-livres-decembre/

« Les « tchikan », c’est comme cela que l’on appelle les agresseurs sexuels des transports en commun au Japon. Kumi a douze ans et prend tous les jours la ligne YamatoSen pour se rendre au collège. C’est ici, au milieu d’un wagon rempli, qu’elle perd l’innocence de son enfance. Trajet après trajet, elle narre l’insupportable effraction de son intimité de jeune fille. La banalité de ces gestes intrusifs rend le calvaire de Kumi plus corrosif encore.

Grâce à une écriture presque enfantine et quelques dessins qui fleurissent le récit, Kumi Sasaki et Emmanuel Arnaud, son compagnon français, racontent à deux les traces laissées sur un corps d’enfant. Entre le silence et l’incohérence, Kumi désespère et fait gronder en elle la révolte. Un livre qui brusque et qui interroge sur l’omerta de l’impunité. »

6 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site Babelio par Vero :

https://www.babelio.com/livres/Arnaud-Tchikan/988772/critiques/1485894

« Ce livre est perturbant. Je pensais avoir tout vu et tout entendu sur les gros pervers japonais, mais ce livre fait m’a fait l’effet d’une claque. 
(..)

Un petit livre qui ne laisse pas indifférent. La couverture est très jolie. Elle y a incorporé des dessins comme aiment le faire les enfants. Comme si sa vie s’était brusquement interrompue ce jour où elle a été la proie de son premier tchikan.
Un témoignage sur un phénomène de société qui ne désemplit pas et trouve même son business dans l’industrie du porno. 

Le récit de Kumi m’a touché. La détresse avec laquelle elle s’est heurtée à l’indifférence des gens et de sa famille également. »

3 Décembre 2017

  • Mention de Tchikan sur le site Playbac presse :

https://digital.playbacpresse.fr/article/qui-surnomme-t-on-les-tchikan-au-japon

« Monde : la question

Qui surnomme-t-on les Tchikan au Japon ?

Contexte. Le livre Tchikan, de Kumi Sasaki et Emmanuel Arnaud, vient de sortir en France (éd. Marchaisse). 

Réponse. Le terme tchikan (ou chikan) désigne les hommes coupables d’agressions sexuelles dans les transports publics japonais. Ces individus profitent de la foule des heures de pointe pour s’en prendre, le plus souvent, à des adolescentes. On estime que plusieurs milliers de tchikan sévissent dans le pays. Kumi Sasaki a été victime de plusieurs d’entre eux lors de ses trajets jusqu’à l’école. Elle avait 12 ans lors de sa première agression. La peine encourue par un tchikan vient d’être portée à cinq ans de prison. Mais seules 5 % des victimes portent plainte, selon la police japonaise »

  • Mention de Tchikan dans le Japan Times par Toko Shirakawa (en anglais) :

https://www.japantimes.co.jp/opinion/2017/11/29/commentary/japan-commentary/gender-equality-mass-media/#.WiUYM0qnGUk

« A book titled “Tchikan” was published in France based on a confession by a young Japanese woman on her experience of being subjected to groping on commuter trains in Japan. The reason the book’s title is rendered in Japanese is that there is no equivalent word in French. In France, people reportedly refer to such an act on public transport as sexual violence. I would like to suggest that Japanese TV and newspapers start by calling those acts sexual violence — before “chikan” gets established as a term referring exclusively to what’s happening in Japan, just like the word “karōshi” is used to describe death from overwork »

2 Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site citizenpost.fr par Yohan Demeure :

http://citizenpost.fr/2017/12/denonce-courageusement-chikans-frotteurs-japonnais/

« Une jeune Japonaise a décidé de dénoncer, au nom de toute la gent féminine de son pays, les « chikans », ces prédateurs sexuels œuvrant dans les transports en commun.

Le phénomène des chikans (ou tchikans) revient régulièrement dans les médias depuis quelques années maintenant. Il s’agit d’un véritable problème touchant tout le pays et des centaines, voire des milliers, de femmes en sont victimes quotidiennement. Les frotteurs profitent de la foule dans les métros, trains et autres bus pour se coller aux femmes, frotter leur sexe contre elles et se rendre coupables d’attouchements

En 2014, un illustrateur a produit une bande dessinée faisant la différence entre l’apparence des femmes attirant les prédateurs et les autres, moins attrayantes, qui avait été source de débats houleux au pays du soleil levant. En effet, juger l’apparence d’une femme dans un tel cas reviendrait pour beaucoup de personnes à blâmer la victime plutôt que l’agresseur. En 2015, la police de la préfecture de Saitama avait diffusé un sticker pour smartphone destiné aux femmes, à utiliser d’une manière plutôt ingénieuse contre les frotteurs dans les transports en commun.

Tout récemment, une jeune Japonaise vivant à Paris et qui se fait appeler Kumi Sasaki (nom d’emprunt) a dénoncé ce phénomène dans un ouvrage baptisé Tchikan, en collaboration avec le romancier français Emmanuel Arnaud et dont la préface et le prologue sont disponibles gratuitement (PDF en français/22 pages) aux Éditions Marchaisse.

Chose unique au Japon, une femme raconte ses propres expériences et estime s’exprimer au nom de la gent féminine. Kumi Sasaki a notamment écrit que les chikans « agressent en particulier les collégiennes, symboles d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières », comme l’indique un article du magazine Les Inrocks.

La jeune femme raconte dans son livre les dizaines d’agressions dont elle a été victime, dont la toute première alors que celle-ci n’était âgée que d’une douzaine d’années :

« Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée. »

Kumi Sasak donne des détails comme seule une victime pourrait le faire. L’intéressée raconte par exemple qu’après une énième agression, le coupable avait eu le culot de lui dire merci avant de descendre à son arrêt de train. De plus, Kumi Sasak ne manque pas de rappeler le profil du tchikan type :

« Le profil du tchikan est le cadre, marié avec des enfants, instruit et ayant fait des études universitaires. Il est souvent le père idéal, le mari attentionné, le parfait employé. Dans le train, il se transforme. »

Il faut savoir qu’au Japon, de nombreuses personnes tiennent à garder leur virginité, c’est pour cette raison que « 40 % des Japonais âgés de 18 à 35 ans n’ont jamais eu de rapport sexuel », selon l’Institut japonais de recherche sur la population. Une telle situation entraîne forcément de la frustration et si des mesures commencent à être prises — comme l’existence de wagons réservés aux femmes — les mentalités devraient changer car pour ces femmes victimes d’agression dans les transports en commun, il s’agit tout simplement d’un réel déshonneur. »

  • Chronique de Tchikan sur le site le blog les chroniques mortes ou vives par Christine Robledo :

https://christinerobledo.wordpress.com/author/chrixrobledo/

« Au Japon, ils sont appelés les « chikans », des prédateurs sexuels, de bons pères de famille et employés modèles qui profitent de la promiscuité des wagons bondés à Tokyo et Osaka pour pratiquer des attouchements discrets sur des collégiennes.

Victime de ces pervers sexuels entre 12 et 18 ans, Kumi Sasaki, âgée aujourd’hui d’une trentaine d’années, a décidé de raconter à travers sa propre histoire ce que subissent des milliers de jeunes filles japonaises dans ces wagons de transports en commun toujours surpeuplés. Dans son livre Chikan, co-écrit avec Emmanuel Arnaud et sorti aux éditions Thierry Marchaise, elle a ainsi témoigné afin de « faire évoluer les mentalités ».

« Les chikans agressent en particulier les collégiennes, symbole d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières », explique-t-elle.

Agressée la première fois à 12 ans, elle s’en souvient encore : « Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée. »

Et des agressions de ce genre, Kumi en a connu de nombreuses. Un jour, après avoir subi les attouchements d’un énième passager de la rame, celui-ci la remercie en descendant de la ligne tokyoïte Yamanote, la plus fréquentée de l’Archipel avec plus d’un million de passagers chaque jour. « J’avais envie de hurler. Merci de quoi ? Je n’étais pas consentante », spécifie-t-elle. Plus tard, à bout, elle pense à se suicider en s’approchant des rails pour se jeter sous ce train. Mais, « une amie de l’école m’a aperçue. Elle est venue me parler. Je n’ai jamais su si elle avait compris ce que je m’apprêtais à faire. »

S’il est compliqué de chiffrer ces agressions, un article datant du 21 septembre 2009 sur le site Jeune Afriquefait état d’un sondage selon lequel 64 % des Japonaises âgées de 20 à 30 ans ont été victimes d’un ou de plusieurs chikans dans la capitale. Et le « frotteurisme », terme employé pour personne qui frotte ses parties génitales contre une autre personne non-consentante, se répand de plus en plus dans les transports publics, particulièrement fréquent au Japon.

Les filles ne portent pratiquement jamais plainte. Kumi en apporte la raison : « Une jeune fille qui s’exprime publiquement sur une affaire de ce genre est humiliée et salie aux yeux de la société japonaise : on dit qu’elle est perdue, qu’elle ne trouvera jamais de mari. »

En outre, la considération de la femme japonaise est telle dans la culture du pays que ce type d’agression qu’elles endurent doit demeurer caché, comme le précise Hiroko Goto, professeure universitaire spécialisée dans la politique de genre : « les femmes sont traitées comme des citoyens de seconde classe au Japon. Je pense que dans la société japonaise, on considère que les femmes devraient rester silencieuses et ne devraient pas parler de ce qui s’est passé. »

Alors, afin de changer les mentalités, l’association Chikan Yokushi Katsudo Center, Centre de lutte contre les attouchements, sur la proposition d’une étudiante victime, a mis en vente des badges sur lesquels divers messages sont inscrits, tels que « nous ne resterons pas silencieuses ». Cette initiative a été relatée dans un article du 25 mars 2016 du journal The Japan Times.« 

1er Décembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site garew.me par Valérie Tong Cuong :

https://www.garow.me/media/1646390771152955276_332651347

« En cette époque où les femmes se dressent contre le #harcelement, les abus et les violences sexuelles, #Tchikan révèle au travers d’un témoignage glaçant la situation particulière du Japon mais aussi la mécanique infernale (et universelle) qui entraîne les enfants vers le fond, les conduisant parfois jusqu’au suicide lorsqu’ils ne sont ni entendus, ni défendus par un entourage qui refuse de voir – mécanique qui pour ceux qui n’iront pas jusqu’à cette extrémité, génère des adultes irrémédiablement brisés. Merci @lydiezannini pour ce conseil. Une lecture, souvent crue, forcément dérangeante et c’est très bien ainsi. #kumisasaki #emmanuelarnaud éditions @thierrymarchaisse . #books #book #livre #lire #women#metoo #abused #trauma #childhood #enfance @flavieflamentoff »

29 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site aufeminin.com par Natacha Couvillers :

http://www.aufeminin.com/news-societe/japon-kumi-sasaki-temoignage-predateurs-sexuels-metro-wagon-frotteurs-s2440297.html

« Au Japon, les agressions sexuelles dans les transports en commun bondés se multiplient. Ces frotteurs de métro sont appelés les “tchikans” et profitent des wagons bondés pour pratiquer des attouchements sur les jeunes filles. Les Japonaises, victimes de ce fléau, sont tiraillées entre la dénonciation et le déshonneur familial. L’une d’entre elles, Kumi Sasaki (nom d’emprunt), a témoigné de la situation dans son livre Tchikan co-signé avec Emmanuel Arnaud (ed. Thierry Marchaisse).

La jeune femme a décidé de raconter ce que vivent au quotidien des milliers de jeunes Japonaises dans les wagons des transports en commun, toujours bondés. C’est à travers sa propre histoire qu’elle livre ce témoignage révélateur d’un véritable fléau au Japon et qui illustre certains problèmes sociétaux. Kumi Sasaki écrit que les tchikans “agressent en particulier les collégiennes, symboles d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières” comme le relaie le site Les Inrocks.

Elle a été agressée la première fois à 12 ans, et c’est une violence que l’on oublie pas : « Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée.”
Le pire dans tout cela, c’est que la jeune fille essaie après coup d’en parler à sa mère et à son enseignante mais celles-ci ne semblent pas comprendre. Ce déni, est aussi dû au fait que se faire agresser par un homme à un impact direct sur la famille : c’est le déshonneur et une croix sur la case mariage.

Les jeunes femmes portent donc presque jamais plainte : « Une jeune fille qui s’exprime publiquement sur une affaire de ce genre est humiliée et salie aux yeux de la société japonaise : on dit qu’elle est perdue, qu’elle ne trouvera jamais de mari » explique Kumi Sasaki.

Des agressions de ce type, Kumi Sasaki en connaîtra des dizaines et des dizaines. Une fois, un nouveau tchikan l’agresse dans le train et la remercie avant de descendre du wagon : “J’avais envie de hurler. Merci de quoi ? Je n’étais pas consentante »

Ce qu’il y a de frappant avec ces prédateurs sexuels des transports en commun c’est qu’ils sont pour la plupart maris, pères de famille, et dans une bonne situation. C’est ce qu’a étudié Akiyoshi Saito qui a écrit le livre Les raisons pour lesquelles les hommes deviennent des tchikans : « Le profil du tchikan est le cadre, marié avec des enfants, instruit et ayant fait des études universitaires. Il est souvent le père idéal, le mari attentionné, le parfait employé. Dans le train, il se transforme ».

Au Japon, le culte de la virginité entraîne une frustration sexuelle. Et c’est cette frustration qui débouche sur ce genre d’abus intolérables. Selon L’Institut national de recherche sur la population, “40% des Japonais âgés de 18 à 35 ans n’ont jamais eu de rapport sexuel”.

Les compagnies ferroviaires ont décidé de s’attaquer au problème avec des wagons réservés aux femmes durant les heures de pointe, des campagnes publicitaires incitant à aller porter plainte, ou encore la création d’une application…
Mais quand on sait que la peur paralyse ces jeunes filles et que le déshonneur pèse sur leur décision… on est en droit d’émettre des doutes sur l’efficacité de ces mesures »

28 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site Terrafemina.com par Barbara Azais :

http://www.terrafemina.com/article/les-tchikans-ces-predateurs-sexuels-qui-agressent-les-jeunes-japonaises-dans-les-trains_a337587/1

« On les appelle des « tchikans ». Ces prédateurs sexuels, généralement pères de famille et employés modèles, se glissent dans les métros bondés de Tokyo et Osaka pour agresser des jeunes filles, généralement par attouchements. Souvent des collégiennes, des filles fragiles, vierges, « pures ». « Ça a duré sept minutes, se souvient Kumi Sasaki qui raconte son histoire dans le livre Tchikan, co-écrit avec Emmanuel Arnaud et sorti aux éditions Thierry Marchaisse. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée ». Victime de ces pervers sexuels entre 12 et 18 ans, la jeune femme, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années, témoigne pour « faire évoluer les mentalités

Un jour, après avoir subi les attouchements d’un énième passager de la rame, celui-ci la remercie en descendant de la ligne tokyoïte Yamanote, la plus fréquentée de l’Archipel avec plus d’un million de passagers chaque jour. « J’avais envie de hurler. Merci de quoi ? Je n’étais pas consentante ». Plus tard, lasse, à bout, la jeune fille s’approche des rails et songe à en finir en se jetant sous ce train des horreurs. « Une amie de l’école m’a aperçue. Elle est venue me parler. Je n’ai jamais su si elle avait compris ce que je m’apprêtais à faire ».

S’il est difficile de quantifier ces agressions, un sondage relayé par Jeune Afrique affirmait en 2009 que 64% des Japonaises âgées de 20 à 30 ans avaient déjà été victimes d’un ou de plusieurs tchikans. Le « frotteurisme » est de plus en plus pratiqué dans les transports en commun, mais est particulièrement répandu au pays du Soleil Levant et peu de femmes portent plainte. « Une jeune fille qui s’exprime publiquement sur une affaire de ce genre est humiliée et salie aux yeux de la société japonaise : on dit qu’elle est perdue, qu’elle ne trouvera jamais de mari », estime Kumi Sasaki. »

25 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan dans les Inrocks par Johann Fleuri :

http://www.lesinrocks.com/2017/11/25/actualite/au-japon-les-agressions-sexuelles-quotidiennes-se-multiplient-dans-les-trains-bondes-111011764/

« On les appelle les “tchikan”. Noyés parmi les usagers des lignes de trains japonaises, ces prédateurs sexuels agressent les jeunes filles, en particulier les collégiennes. Ils seraient aujourd’hui plus de 10 000 à agir. L’une de leurs victimes, Kumi Sasaki, a décidé de témoigner dans un livre.

Entre 8h30 et 9h30, la Yamanote, la ligne de train circulaire qui relie les principaux points névralgiques de Tokyo, est bondée. Les employés se rendent au travail, les enfants à l’école. C’est pour entrer dans ce même train que, sur ce créneau horaire, des préposés de la compagnie ferroviaire tassent les passagers dans les wagons pour que les portes de la rame puissent fermer. C’est cette même ligne que Kumi Sasaki* emprunta quotidiennement, pendant six ans, pour se rendre au collège. Fraîchement débarquée à Tokyo, elle avait 12 ans lorsqu’elle a rencontré son premier tchikan, l’un de ces prédateurs sexuels qui sévissent surtout dans les trains bondés.

Ces hommes “agressent en particulier les collégiennes, symboles d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières”, explique-t-elle. Cette première agression, elle s’en souvient parfaitement. “Ça a duré sept minutes. Il a touché ma poitrine avec son pouce, j’ai d’abord cru à un accident. Il y avait tant de promiscuité dans le wagon, mais il n’a pas retiré son doigt. Il a ensuite passé sa main sous ma jupe. J’étais terrorisée.” Les genoux qui tremblent, elle arrive à l’école et prévient son institutrice “qui ne réagit pas vraiment”, puis le soir venu, sa mère “qui n’a pas compris ce que je venais de vivre.

Les années scolaires défilent, les prédateurs sexuels se multiplient. Kumi Sasaki les subit presque quotidiennement, en silence, jusque ses 18 ans. Essentiellement dans le train, mais aussi dans la rue. “Une fois, un homme m’a suivi lorsque je suis descendue. J’avais peur qu’il voit où j’habite. Je n’arrivais pas à m’en débarrasser.” L’homme finit par la laisser tranquille, mais la jeune fille est encore un peu plus brisée. Plus tard, alors qu’un nouveau tchikan l’a agressée dans le train, l’homme lui “dit merci en descendant du wagon. J’avais envie de hurler. Merci de quoi ? Je n’étais pas consentante”. Un jour, Kumi Sasaki a pensé au pire. Pour que tout s’arrête. Un matin, elle s’est sentie prête à se jeter sur les rails de ce fameux train, théâtre de tous ses tourments. “Une amie de l’école m’a aperçue. Elle est venue me parler. Je n’ai jamais su si elle avait compris ce que je m’apprêtais à faire…”

Aujourd’hui, Kumi Sasaki est trentenaire, elle partage sa vie entre Tokyo et Paris, où elle réside depuis une dizaine d’années. Il lui aura fallu vingt ans pour mettre des mots sur son histoire et en faire un livre témoignage, coécrit avec Emmanuel Arnaud et publié aux éditions Thierry Marchaisse. “Aujourd’hui, j’ai envie d’essayer de changer les mentalités.” Car pour elle, c’est un fait : “Rien n’a changé dans la Yamanote.” Une réalité que confirme Akiyoshi Saito qui a publié, l’été dernier, un ouvrage intitulé Les raisons pour lesquelles les hommes deviennent des tchikan. Dans la clinique où il officie, à Tokyo, il propose un programme aux hommes qui souhaitent se soigner de cette addiction. Depuis douze ans, il a reçu 3 200 patients.

“C’est un phénomène qui a explosé depuis les années 1960, explique-t-il. Le profil du tchikan est le cadre, marié avec des enfants, instruit et ayant fait des études universitaires. Il est souvent le père idéal, le mari attentionné, le parfait employé. Dans le train, il se transforme.” Frustré par un quotidien trop fatigant, trop contraignant, trop stressant, “le tchikan se sent chanceux d’avoir pu toucher la main d’une femme. Et c’est le début, pour certains, de toute une série d’agressions. Les cas les plus extrêmes peuvent passer la journée à prendre le train pour s’en prendre à une vingtaine de femmes. Ils s’attaquent surtout aux plus jeunes, plus fragiles, plus vulnérables”.

Ce problème a pris aujourd’hui une ampleur sans précédent. “Notre clinique s’est spécialisée dans les addictions présentes dans l’archipel, comme le sexe, le jeu, l’alcool, le travail, l’anorexie, la boulimie, etc. Le tchikan est la plus représentée, et de loin, avec plus de 10 000 individus à l’échelle du pays. Ils sont surtout présents dans les grandes villes comme Tokyo, Osaka, Nagoya, Fukuoka et Sapporo, qui possèdent des trains bondés. Autrefois, ils agissaient dans la rue, c’était moins discret.”

Du côté des femmes, la parole reste bloquée. “On a honte, confirme Kumi Sasaki. Une jeune fille qui s’exprime publiquement sur une affaire de ce genre est humiliée et salie aux yeux de la société japonaise : on dit qu’elle est perdue, qu’elle ne trouvera jamais de mari.” Kumi Sasaki insiste sur un autre point. “Au Japon, les écoles privées, contrairement aux publiques, ne sont pas mixtes. Beaucoup d’adolescents grandissent en se posant beaucoup de questions sur l’autre sexe sans jamais avoir de réponses.” A contrario, ils sont exposés très tôt aux contenus pornographiques par le manga, le film ou internet en accès libre. “Quand j’étais petite, je ne comprenais rien à la sexualité mais je connaissais le tarif horaire d’une escort girl.” Aujourd’hui encore, lorsque Kumi Sasaki emprunte la Yamanote, il lui arrive de “revivre la terreur de [ses] 12 ans”

24 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan dans l’emission Actualites litteraires de Novembre sur RCF (radio chretienne francophone) par Lydie Zannini :

https://rcf.fr/culture/livres/actualites-litteraires-de-novembre-2017

  • Chronique de Tchikan sur le blog de Guillaume Cherel :

https://www.guillaume-cherel.fr/chronique-litterature-manuel-de-castration-tchikan/

« Plus sérieusement, dans Tchikan, la japonaise, vivant en France, Kumi Sasaki, raconte le harcèlement des femmes dans les transports en commun, et tout particulièrement des très jeunes filles.

Une réalité quotidienne largement taboue au Japon. On appelle « Tchikan » ces prédateurs et leur forme d’agression sexuelle par attouchement. Ce sont des hommes ordinaires, de tout âge, des salaryman en costume cravate, qui opèrent dans la foule compacte aux heures de pointe, et se collent aux mineurs pour les toucher, caresser, fouiller.

Personne ne les voit, ou ne veut les voir, et les familles, tout comme la société, restent dans le déni de cette violence masquée. 

Kumi Sasaki en a été victime toute son adolescence, dès l’âge de douze ans, et c’est son histoire à hauteur d’enfant, illustrée de ses sobres dessins, qui nous est racontée ici. 

Ecrit simplement, avec l’aide d’Emmanuel Arnaud, les éditions Thierry Marchaisse ont publié ce témoignage avec le scandale Harvey Weinstein, accusé de violence et de harcèlement sexuel.

On pourrait croire que c’est une particularité japonaise mais nous savons que ça existe aussi dans nos transports en commun… d’ailleurs, l’auteur de ces lignes peut en témoigner pour avoir subi des attouchements quand il était gamin dans le métro, de la part d’un pédophile, donc.

Un ouvrage tout en pudeur, très touchant parce qu’après l’agression (sexuelle), c’est l’indifférence de l’entourage qui est vécue comme une double peine. Le genre de traumatisme qui peut durer toute une vie, si on ne fait pas de thérapie.

La résilience de Kumi Sasaki fut de quitter le Japon et d’écrire un livre« 

  • Mention de la parution de Tchikan sur le blog la boutique aux miracles :

http://laboutiqueauxmiracles.blogspot.fr/

16 Novembre 2017

  • Chonique de Tchikan sur le site japonais (en japonais) Yahoo.co.jp par Tamaka Ogawa :

https://news.yahoo.co.jp/byline/ogawatamaka/20171116-00078187/

15 Novembre 2017

  • Presentation de Tchikan sur le site japonais (en japonais) p-dress.jp :

https://p-dress.jp/articles/5408

11 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan sur Radio béton dans l’émission Des poches sous les yeux par Aurélie :

http://despochessouslesyeux.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1249%3Atchikan&catid=1%3Alatest-news

10 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan dans Parutions.com par Gilles Ferragu :

http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=63&ida=18654

« On les appelle tchikan… ils prennent le métro avec vous, bien proprets, bien habillés,  »salary men » sans aspérités, ils semblent anonymes, mais leurs mains sont baladeuses (euphémisme joli pour désigner des attouchements sexuels), ce sont des prédateurs, qui apprécient particulièrement les proies sans défense, les enfants qui n’osent rien dire…

Tous les moyens sont bons, argent, sucreries, proposition amicale : le tchikan veut de la chair fraîche. Kumi est arrivée à Tokyo après avoir passé une partie de sa jeunesse à Hong Kong ; elle pense arriver dans un monde parfaitement sûr, où les collégiennes en uniforme traversent la capitale tranquillement sans rien risquer. Mais elle découvre que chaque trajet en métro lui réserve un face à face avec ces prédateurs, nombreux, doucereux, hagards, pressants ou juste polis, disant «merci» ou agressant discrètement. Et pire, elle découvre qu’aux yeux de sa mère, la responsabilité est la sienne… Il s’agit d’apprendre à vivre avec cela, à éviter les confrontations ou bien à les surmonter, saisir la misère du prédateur sexuel ou se rire de lui.

Puis Kumi est devenue grande, et a décidé de témoigner de cette violence sexuelle subie quotidiennement et dans une quasi indifférence, au sein d’une société prête à fermer les yeux et tolérer. Cela donne ce petit ouvrage écrit avec Emmanuel Arnaud, qu’elle a illustré avec ses dessins d’enfants, et qui raconte, au jour le jour, la peur, les humiliations, les violences. Un ouvrage qui éclaire d’un jour sinistre la banalité du métro tokyoïte (qui n’est probablement pas le seul métro hanté par des tchikan), avec des mots simples : une lecture pour les grands comme pour de plus jeunes, tant cette vérité ne doit pas rester taboue.»

8 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan dans Charlie Hebdo (N° 1320) par Patrick Chesnet :

https://charliehebdo.fr/

  • Chronique de Tchikan sur le blog a bride abatue :

http://abrideabattue.blogspot.fr/2017/10/tchikan.html

« Tchikan porte sur un sujet qui ne semble pas concerner les jeunes françaises autant que les japonaises … à moins que le silence soit également une chape de plomb dans notre pays.

Kumi Sasaki nous fait, avec sincérité, le récit des angoisses qu’elle a supporté pendant des années. On comprend mal qu’elle n’ait pu recevoir aucun soutien de sa mère ni des autorités qui administrent le métro, pas plus que celui de la police. Le Japon est un pays où la parole n’est pas libre. Mais c’est tout de même un comble : avoir inventé un terme (tchikan) pour désigner un phénomène (le harcèlement sexuel dans les transports) tout en prétendant que cela n’existe pas, ou de façon très minoritaire.
 

Le témoignage de la jeune femme est très fort parce qu’il est écrit au présent, avec toutefois un recul suffisant pour lui permettre d’insister sur les racines du processus. Les codes de la vie en société, tels qu’ils sont en vigueur dans ce pays, sont finement décryptés. On espère que, au-delà d’un effet positif de libération pour l’auteure, ce livre fera évoluer les mentalités en provoquant une prise de conscience face à l’absurde anomalie que constitue l’impunité dont jouissent toujours les tchikan (p. 125).

Kumi Sasaki y révèle non seulement une compétence narrative (partagée avec Emmanuel Arnaud) mais aussi un talent de dessinatrice.

Elle compare la vie à Hong-Kong où les enfant sont étroitement surveillés (p.11) avec le laxisme qui règne au Japon sous prétexte que le taux de criminalité y est le plus bas du monde. Les enfants sont totalement livrés à eux-mêmes pour leur déplacement par des parents inconscients du danger, ne serait-ce que celui de traverser une rue encombrée de voitures.

La jeune femme a attendu d’avoir dépassé la trentaine pour oser raconter ce qu’elle a subi sur la Yamanote-sen, qui est la ligne de train la plus fréquentée de tout le Japon. Elle situe à l’âge de 12 ans sa première confrontation avec un tchikan (p. 20), se souvenant parfaitement des 7 minutes qui l’ont marquée à jamais. Son martyre a duré des années. Le terme n’est pas excessif quand on sait qu’elle a songé au suicide.

 

Réaliser si jeune qu’on est une cible sexuelle est une expérience très éprouvante à laquelle rien ne la préparait. Les parents ne mettent pas leurs enfants en garde et c’est à peine si, depuis, elle a constaté qu’on évoquait parfois le sujet à la télévision.

De ce fait Kumi ne peut pas compter sur la moindre solidarité féminine, à l’exception de sa meilleure amie, Yuri, mais celle-ci n’est pas plus forte qu’elle pour régler le problème.

Aujourd’hui elle a la capacité d’analyser ce qui attire ces prédateurs de tous âges, dont l’apparence soignée en par ailleurs en costume cravate leur permet d’exercer leur vice en toute tranquillité dans la foule des heures de pointe. Pas vu, pas pris… Toute jeune fille portant une jupe longue, les socquettes de l’uniforme traditionnel qui lui donne l’apparence d’un ange fragile (p. 61), une sorte de poupée telle qu’on en trouve dans les mangas.

 

Kumi réfléchit désormais en adulte mais elle réussit à partager ses émotions en conservant un regard d’enfant, dans la formulation de certains souvenirs, et par les illustrations qu’elle a elle-même réalisées et toutes légendées à la main.

Les avances que ces hommes lui adressent sont surréalistes mais sans doute fascinantes car un jour elle accepte de suivre l’un d’entre eux, sans prévoir qu’elle bascule dans le plus pur cauchemar. Ce qu’elle raconte arrive à des milliers de jeunes filles. Les tarifs sont connus. Elle les donne dans le détail p. 72.

Ce n’est qu’en devenant étudiante à l’université que Kumi sera épargnée, parce qu’elle voyage désormais sur une autre ligne ferroviaire et surtout parce qu’elle ne porte plus l’uniforme. Elle aura pris de l’assurance et aura la capacité de dénoncer les pratiques … mais sans davantage être prise au sérieux.

On se souvient du film égyptien Les Femmes du bus 678, réalisé par Mohamed Diab en 2012 sur un sujet semblable, ce qui signifie que le harcèlement sexuel dans les transports n’est pas spécifique du Japon. Kumi préfère vivre dans notre pays. Mais est-il réellement plus sûr ? On a vu récemment les étudiants être pris pour cible par des publicités tapageuses les incitant à la prostitution. Et les toutes récentes campagnes de dénonciation sur les harcèlements dont les femmes sont victimes sont aussi la triste preuve que l’on peut se taire pendant des années. »

  • Chronique de Tchikan sur la page FaceBook de Laure Pécher :
« Si vous pensez que le harcèlement sexuel dans les transports en commun ne concerne que votre pays, alors lisez TCHIKAN, de Arnaud et Sasaki (Editions Thierry Marchaisse), le récit-témoignage poignant d’une Japonaise « 

 

5 Novembre 2017

  • Chronique de Tchikan de Lydie Zannini (librairie du Théâtre Zannini – Bourg-en-Bresse):

https://www.picgrum.com/media/1641570716599771452_5649110961

http://librairiedutheatre.blogspot.fr/

« Mesdames , lisez ce livre . Faites le lire .A toutes les jeunes filles , qu’elles soient japonaises ou françaises. Il est urgent de s’emparer de l’histoire de Kumi. TCHIKAN . Voilà un mot que je ne connaissais pas. Maintenant, je voudrais le faire connaître à toutes les femmes, mères, adultes , ados, jeunes femmes,à toutes celles qui ont envie de parler, à tous ceux qui minimisent les actes d’agression sexuelle et qui n’écoutent pas, à toutes ces jeunes filles muselées dans le silence car incomprises, ou tout simplement seules, face à leur incompréhension de la vie , face à leur méconnaissance du permis ou non permis , face à l’indifférence des autres ou des proches . LISEZ CE LIVRE SI VOUS ÊTES MAMAN D’UNE FILLE . C’est URGENT#valerie  Expert #valerie  Tong Cuong#Sylvie  Le Bihan Gagnaire #Nathalie  Couderc#tous  les libraires #thierry  Marchaisse # Emmanuel Arnaud Kumi Sasaki TCHIKAN Ed Thierry Marchaisse. »

25 Octobre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le blog les lectures de Mylene  :

http://www.leslecturesdemylene.com/2017/10/tchikan-emmanuel-arnaud-kumi-sasaki.html

« Mon avis :

Témoignage au combien d’actualité quand on voit les #metoo fleurir en ce moment sur les réseaux sociaux, Kumi nous transmet tout ce qu’elle a vécu au Japon et ce que vivent encore des centaines de jeunes filles tous les jours dans les transports. Elle a maintenant plus de 30 ans mais elle se rappelle comme si c’était hier tout ce qu’elle a du subir dans des transports en commun bondés à cause de ces tchikan, ces hommes qui n’ont à priori rien de mieux à faire que d’attoucher des jeunes filles voir même des femmes et d’y prendre plaisir. J’avoue, je suis restée sur les fesses en découvrant ce témoignage, il faut dire que pour ma part, ayant toujours vécu dans un petit village / de petites villes, je n’ai jamais eu à prendre les transports en commun et je n’ai pas trop eu à subir des remarques sexistes, de nature sexuelle ou autre. C’est donc atterrée que j’ai lu cette histoire, d’une part à cause de tout ce que Kumi a subi et d’autre part à cause de l’absence de réaction de ses parents (surtout de sa mère) ou des pouvoirs publics qui devraient être là pour soutenir les victimes de ce genre d’abus. Mais il faut dire que dans un train bondé, les uns entassés sur les autres, il n’est pas facile de voir ce qui se passe entre deux corps… il suffirait pourtant que ces personnes osent dire ce qu’elles ont vécu, tout comme Kumi l’a fait, pour que peut être (et je dis bien peut être) les choses changent dans le bon sens. C’est donc un témoignage affligeant que nous dévoile Kumi et même si on sait que ça se passe de nos jours, j’en reste toujours aussi choquée. Un livre à lire et à faire lire !

En bref, j’ai trouvé ce témoignage totalement affligeant dans le sens où cette jeune fille subit des chose qui ne devraient jamais arriver. C’est dont atterrée que j’ai lu cette histoire et je souhaite à toutes les personnes victimes de ces actes de pouvoir témoigner et être entendues »

18 Octobre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le site de la revue culturelle lessoireesdeparis.com, par Philippe Bonnet :

http://www.lessoireesdeparis.com/2017/10/18/peste-soit-des-tchikan/

« Kumi n’a que douze ans. C’est une japonaise qui vient, avec ses parents, de revenir au pays après un séjour à Hong Kong. Tous les matins elle a près d’une heure de trajet pour se rendre au collège. Un matin pas fait comme un autre, sur la ligne Yamanote-sen qui entoure Tokyo , elle sent un pouce qui passe de son cou à sa poitrine inexistante de très jeune fille. C’est son premier contact avec un tchikan, un de ces salary-men en cravate qui distraient leur quotidien en aventurant leurs mains sur le corps des écolières et des collégiennes, à la faveur des transports bondés. « Tchikan », qui vient de sortir aux éditions Thierry Marchaisse, est le récit poignant d’une femme de trente ans qui se souvient d’un calvaire de jeunesse banalisé par l’ampleur du phénomène.

A douze ans, on ne comprend pas. Quand elle sent quelque chose de dur contre elle, elle pense que c’est un parapluie. Trajet après trajet Kumi comprend qu’il s’agit d’autre chose. Car l’expérience se répète au quotidien, raconte l’auteur qui souligne que c’est bien la répétition d’une souffrance qui caractérise la torture. Elle en parle à son professeur qui compatit. Elle s’en ouvre à sa mère qui se demande s’il n’y pas quelque chose dans la façon de s’habiller de sa fille qui pourrait provoquer de tels comportements, induisant en cela un début de culpabilité.

« Tchikan » est raconté très simplement. Le texte s’aère de temps à autre, de dessins explicatifs qui pourraient être jolis s’ils ne dénonçaient une réalité quand même insupportable. Kumi Sasaki raconte que les prédateurs dont elle a été la victime sont tous les mêmes. Que l’environnement des transports bondés favorise les attouchements subreptices, souvent beaucoup plus appuyés.

Le cerveau de la jeune fille ne cesse de s’interroger et finit par établir un rapport entre ce qu’elle peut lire dans les journaux et aussi certaines publicités tendancieuses. Un jour, elle finit par comprendre qu’elle est une sorte de « repas gratuit » car elle apprend que certaines jeunes filles finissent par se faire payer. D’ailleurs un soir elle est suivie par un « stalker ». Le stalker est celui qui suit. Celui qui quitte le train pour suivre tranquillement sa proie. Il est le pendant du tchikan, l’étape d’après. L’un d’entre eux lui a proposé de l’argent en lui indiquant qu’il voulait être son « papa » et même avoir un enfant d’elle. À douze ans.

Dans ce contexte les petites proies n’ont aucune chance. Leurs plaintes ont peu de chance d’aboutir. D’autant qu’il y a eu des cas « imaginaires » relatés dans les journaux. Bref le silence prévaut. Alors même si Kumi a parfois les « genoux qui tremblent« , elle regarde un jour « son » tchikan « droit dans les yeux » et lui dit « kané« . Ce qui veut dire qu’elle lui réclame de l’argent. C’est l’effet terrible d’une perversion qui a fait son chemin dans la tête d’une enfant à l’aube de son adolescence.

Nous pensons être alors au bout du chemin de croix que Kui Sasaki nous invite à emprunter. Mais non. La souffrance profonde est indicible et nous ne l’avons pas encore entendue. Car Kumi a décidé de se suicider. Elle élabore un plan consistant à se jeter sous un des trains maudits. Elle compte les secondes.  Encore trente secondes et elle saute. Jusqu’à ce que sa copine Yuri surgisse de « nulle part » et lui dise « qu’est-ce que tu fais-là« ? La Kumi de trente trois ans se souvient aujourd’hui de Yuri comme d’un « gamin-filou » qui lui a sauvé la vie. Elle vit désormais en France.E lle a écrit ce livre avec un Français, Emmanuel Arnaud« 

  • Chronique de Tchikan dans le Quotidien de la Reunion, par Stephanie Buttard :

http://www.lequotidien.re/

  • Chronique de Tchikan dans le flash info de Radio classique (flash de 11h), par Béatrice Mouédine :

https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/le-flash-info/

5 Octobre 2017

  • Chronique de Tchikan sur le blog L’avis textuel de Marie M :

https://lavistextueldemariem.blogspot.fr/2017/10/tchikan-ou-predateur-sexuel-de-petites.html

«Les chiffres de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie sont effarants : une femme sur cinq et un homme sur quatorze déclarent avoir déjà subi des violences sexuelles. Dans 81 % des cas, les victimes sont des mineurs. Qu’en est-il au Japon ? Le fléau est d’autant plus répandu qu’il est encore plus tabou que chez nous. Même si les choses commencent à évoluer depuis quelques années et que, par exemple, des rames spéciales pour les femmes sont présentes dans les trains — le principal lieu des crimes aux heures de pointe —, ce n’est pas suffisant, voire contre-productif, car la prise de conscience du délit n’est pas réelle dans l’ensemble de la société.
Les collégiennes en uniformes sont des proies idéales : marquées physiquement, totalement innocentes (contrairement à la trop répandue légende des Lolitas délurées) et sous-informées. Elles ne comprennent pas ce qui leur arrive et se heurtent à des murs de tabous.
C’est sa propre expérience que raconte Kumi Sasaki avec Emmanuel Arnaud dans Tchikan (Tchikan signifie : prédateur sexuel de très jeunes filles). De l’âge de 12 ans jusqu’à son entrée en université, elle a subit quotidiennement les assauts de ces messieurs-tout-le-monde aux heures de pointe dans les transports en commun sans être vraiment entendue par les adultes.
Son vibrant et sidérant témoignage, alors qu’elle a maintenant 33 ans et vit à Paris, nous plonge dans le désarroi et l’isolement qu’elle a ressenti à cette époque, à hauteur de petite fille pétrifiée, avec dessins à l’appui. Son cas et son traumatisme, comme les chiffres l’indiquent, sont loin d’être isolés.
Nous espérons, comme elle, que son récit pourra lever le voile sur ce grave fait de société, aider d’autres jeunes victimes, et éveiller les consciences face à l’impunité des prédateurs, au Japon comme partout dans le monde. »

  • Chronique de Tchikan dans l’émission culturelle Le talk show sur Needradio.fr (à partir de 84ème minute):

http://needradio.fr/podcasts/le-talk-show-16

  • Chronique de Tchikan dans Loisiramag:

http://www.loisiramag.fr/actualite/livres/2881/tchikan-recit-temoignage

  • Chronique de Tchikan dans le webmagazine culturel L’info tout court, par Mélina Hoffmann :

https://linfotoutcourt.com/critique-livre-tchikan-temoignage/

« Tchikan : un témoignage sobre sur ces prédateurs des transports en commun

« Je ne sais pas ce que ce monsieur fait, ni pourquoi il fait ça, je ne sais pas encore qu’il est un tchikan, ces prédateurs qui rodent dans les trains au Japon pour agresser les filles. »

Tchikan nous emmène dans les coulisses des transports en commun au Japon. Là où des hommes ordinaires se changent en prédateurs invisibles aux heures de pointe. Dans ce récit pudique et sans fioritures, Kumi Sakasi nous livre son histoire.

Un témoignage stupéfiant. En suivant ainsi Kumi Sakasi dans le quotidien de l’adolescente qu’elle a été, c’est un phénomène assez peu connu que nous découvrons. Ou en tout cas peu médiatisé. De sa voix d’enfant, la jeune femme raconte l’incompréhension, la honte, la peur ; mais aussi la solitude, la culpabilité, et parfois même le désespoir qui ont été son quotidien à partir de ses 12 ans. Avec des mots et des illustrations, elle raconte une réalité difficile à imaginer. Réalité qu’elle a fini par fuir, pour ne pas sombrer.

Pleins phares sur un tabou sociétal. Difficile de ne pas être surpris en découvrant l’ampleur de ce phénomène. Surtout dans un pays réputé être l’un des plus sûrs du monde. Plus surprenante encore la manière dont la société toute entière semble préférer fermer les yeux sur cette violence quotidienne ou, pire, lui trouver des justifications. Et parce qu’évidemment, le Japon n’a pas l’exclusivité de ce genre de harcèlement, ce témoignage est plus que nécessaire « 

3 Septembre 2017

La Maison des femmes 1, chemin du Moulin Basset 93200 Saint-Denis
Le Samedi 21 Octobre 2017, à 15h30
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