Topologie de l’amour

Voici tout d’abord la présentation de ce roman sur le site des éditions Métailié :

https://editions-metailie.com/livre/topologie-de-lamour/

« La mathématique, en particulier l’élégante topologie, peut-elle influencer toute une vie, un amour ? Comment Thomas Arville, la légende des prépas de Louis-le-Grand et de Normale sup, le successeur tout désigné de Cédric Villani, le futur lauréat de la médaille Fields, se retrouve-t-il à traîner sa peine comme prof de lycée dans une banlieue pourrie ?

Après être entré à l’École normale supérieure, au lieu de suivre la voie brillante toute tracée que lui permettait son génie des mathématiques, Arville est parti faire un stage au Japon. Là il a découvert l’amour d’Ayako, qui incarne la pureté qui le fascine tant et qu’il recherche avant tout dans le raisonnement mathématique.

Survient Fukushima. Impossible de laisser Ayako dont l’amour sans partage l’émeut. Il revient à Paris à la fin de son stage comme prévu, mais avec elle. Il doit donc chercher au plus vite un poste qui leur permette de vivre. Il finit épuisé dans un deux-pièces du xixe arrondissement, en butte au racisme ordinaire que subit sa femme qui ne parle pas français.

Dévoré par un quotidien harassant leur amour se défait. Sans relations sociales sa carrière scientifique avorte, tout rate.

Un roman dérangeant et brillant. Une vision lucide et désabusée de ce qui fait la réussite si on a les talents et les diplômes mais qu’on néglige les réseaux et les relations sociales. Une image troublante de la modernité. »

Voici maintenant quelques chroniques parues dans les medias :

21 Août 2014

Chronique et interview dans l’émission radio La grande table d’été (France Culture) présentée par Caroline Broué : (présentation et podcast)

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-dete/1ere-partie-des-mathematiques-la-litterature-2eme-partie-les

« Aujourd’hui La Grande Table d’été se fait plume et abaque, puis studio de télé et chais de Cognac.

La faute d’abord aux médailles Fields et au roman d’un jeune auteur – Topologie de l’amourd’Emmanuel Arnaud -, qui ont réveillé chez nous l’envie de discuter des liaisons dangereuses des mathématiques et de la littérature…

La faute ensuite à l’Académie Balzac, la première émission de télé-réalité consacrée à des écrivains, réunis dans un château pour écrire un roman et éliminer quelques-uns de leurs congénères sous le regard encourageant de caméras allumées 24h sur 24… Un membre du jury de cette Académie, Nicolas Gary, fondateur du site Actualitté, viendra nous en parler, dans la deuxième partie de notre émission, en compagnie de Pia Petersen, qui, elle, avait déjà imaginé cette étrange situation dans son roman, Un écrivain, un vrai, paru l’an dernier chez Actes Sud.

Emmanuel ARNAUD , écrivain, pour son roman, Topologie de l’amour , histoire de Thomas Arville, partagé entre l’amour des mathématiques et son amour pour une Japonaise rencontrée au Japon (édition Métailié, sortie septembre 2014)

Olivier SALON , mathématicien et écrivain français, membre de l’Oulipo, professeur de mathématiques, pianiste et comédien« 

Septembre 2014

Chronique dans l’Hebdo des Notes Bibliographiques (édition septembre 2014) :

http://www.hebdodesnotes.com/analyse/analyse.php/analyse/1026263/Topologie-de-l-amour

. »Thomas Arville est le légendaire génie du lycée Louis-le-Grand et de la rue d’Ulm. Ses talents en mathématiques lui promettent un glorieux avenir. Il se spécialise en topologie et part faire un stage au Japon où il rencontre la jeune Ayako. Après la catastrophe de Fukushima, sa famille le presse de rentrer. Mais Thomas, s’appuyant sur ses recherches et son sentiment que la topologie peut guider sa vie, refuse. Finalement il retrouve Paris, accompagné d’Ayako qu’il épouse. Renonçant à ses ambitions par amour, il devient professeur de maths dans un lycée de banlieue…

Pour son deuxième roman (Le théorème de Kropst, NE janvier 2012), Emmanuel Arnaud reprend son personnage, Laurent Kropst, mais cette fois-ci comme narrateur. L’ambiance des grandes écoles est bien rendue, avec jalousie et orgueil intrinsèques. Cette satire du monde universitaire prend sa force dans le parallèle avec le Japon. Lidéal du héros, trouver dans sa vie réelle la perfection des mathématiques, est un propos original. Si quèlques invraisemblances l’affaiblissent (comment croire qu’un couple franco-japonais soit mis au ban de la société à Paris?), le récit de la chute d’un prodige reste très intéressant.
M.-F.C. et B.Bo« 

26 août 2014

Lecture des premières pages du roman par l’auteur dans l’émission radio Les bonnes feuilles (France Culture) de Sandrine Treiner : (présentation et podcast)

http://www.franceculture.fr/emission-les-bonnes-feuilles-emmanuel-arnaud-topologie-de-l-amour-2014-09-11

29 août 2014

Chronique dans Livres hebdo par Jean-Claude Perrier :

http://www.livreshebdo.fr/article/le-boss-des-maths

4 Septembre 2014

Chronique dans Le journal de Montréal :

http://www.journaldemontreal.com/2014/09/04/la-science-a-lhonneur

« À travers une histoire d’amour, l’auteur Emmanuel Arnaud aborde les liens entre l’amour et la topologie. Cette branche de la mathématique étudie les déformations spatiales. Il raconte aussi la réussite des jeunes talents diplômés qui peuvent être mise à mal en cas d’absence de relations sociales. »

6 Septembre 2014

Chronique dans CafePowell.com par Séverine le Burel :

http://cafe-powell.com/2014/09/topologie-lamour-genie-amoureux/

« Un jeune génie, légende vivante des classes préparatoires de Louis-le-Grand et de l’Ecole Normale Supérieure, se rend au Japon pour un stage. Sur place, il découvre les joies de la vie nippone : les filles, les lieux, l’amour. Ce court roman de 140 pages signé Emmanuel Arnaud raconte la chute d’un héros des mathématiques : comment l’amour peut-il chambouler une vie ? L’amour peut-il être un frein à la carrière toute tracée d’un génie ?

La narration se fait du point de vue de Laurent Kropst. Il rencontre le fameux génie Thomas Arville au détour d’une allée du jardin du Luxembourg. Le récit palpitant de Thomas débute alors. Son séjour au Japon ne se déroule pas comme prévu. En effet, au beau milieu de sa découverte des charmes féminins des demoiselles japonaises, Thomas fait la connaissance d’Ayako. Il tombe amoureux de la jeune femme qui, à ses yeux, est la pureté incarnée. Malheureusement, la catastrophe Fukushima oblige le jeune mathématicien à remettre sa vie en perspective : doit-il rentrer en France comme le veulent ses proches pour sauver sa peau ou reste-t-il auprès de sa chère et tendre ?

Quelques temps plus tard, Thomas est de retour à Paris… avec Ayako dans ses valises. Ce compagnon de voyage inattendu l’oblige à abandonner ses rêves de grandeur, la médaille Fields et ses recherches en topologie pour trouver un travail d’enseignant en banlieue parisienne.

Il faut avouer que Topologie de l’amour n’est pas un roman aisé. L’auteur part facilement en digressions mathématico-philosophiques parfois plus loufoques que thérapeutiques. Ce roman qui en déroutera plus d’un consiste en réalité en une vision moderne et lucide -voire pessimiste- de la vie au XXIè siècle. Les études, l’argent, le regard des autres, les relations et réseaux sociaux… Thomas Arville est une victime du tourbillon de la vie estudiantine et des attentes de ses proches.

Arrivera-t-il à se sortir de la spirale de l’amour ? Se conformera-t-il aux exigences de ses professeurs ? Rien n’est moins sûr… »

26 Septembre 2014

Chronique dans Madame Figaro par Valérie Gans :

« À quoi tient le succès ‘ Thomas Arvil le est tout désigné pour avoir une prestigieuse
carrière de mathématicien Maîs son histoire d’amour avec une Japonaise de Fukushima forgera son destin il se voit obligé, par la catastrophe, de rentrer en France avec sa belle et de trouver un gagne-pain – l’heure n’est plus au rêve de gloire Adieu veau, vache, équations. Moderne et audacieux« 

26 Septembre 2014

Chronique dans Ouest France :

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-grand-ratage-de-lamour-2855083

« La mathématique, en particulier l’élégante topologie, peut-elle influencer un amour ? Comment Thomas Arville, la légende des prépas de Louis-le-Grand et de Normale sup, le successeur tout désigné de Cédric Villani, le futur lauréat de la médaille Fields, se retrouve-t-il à traîner sa peine comme prof de lycée dans une banlieue pourrie ? Après être entré à l’École normale supérieure, au lieu de suivre la voie brillante que lui permettait son génie, Arville est parti faire un stage au Japon. Là il a découvert l’amour d’Ayako, qui incarne la pureté qui le fascine tant et qu’il recherche avant tout dans le raisonnement mathématique. Survient Fukushima. Impossible de laisser Ayako dont l’amour sans partage l’émeut. Il revient à Paris, mais avec elle. Il doit donc chercher au plus vite un poste qui leur permette de vivre. Il finit épuisé dans un deux-pièces du XIXe arrondissement, en butte au racisme ordinaire que subit sa femme qui ne parle pas français. Dévoré par un quotidien harassant leur amour se défait. Sans relations sociales sa carrière scientifique avorte, tout rate. Cela donne un roman dérangeant et brillant. »

2 Octobre 2014

Chronique dans MicMag.net par Marie Torres :

http://www.micmag.net/fr/lire/3179-amour-ou-gloire–dilemme-troublant-de-la-modernite

« Thomas est un petit génie, l’espoir de tout le département mathématique de l’ENS. Que lui réserve l’avenir ? Le prix Nobel ? La médaille Fields ? Mais la voie de la réussite s’éloigne parfois de celle de la vie et Thomas risque de le découvrir à ses dépens. Une peinture troublante de la modernité.

C’est au jardin du Luxembourg, à Paris, que Laurent Kropst retrouve, par hasard, Thomas d’Arville. La légende d’Arville. « Un de ses héros lorsqu’il était élève de classe préparatoire, l’un des meilleurs élèves du lycée Louis-le-Grand de tous les temps, disait-on alors ». Thomas dont on devinait déjà qu’il serait plus tard prix Nobel de mathématiques ou médaillé Fields. Ou peut-être les deux, allez savoir. Et puis, après un passage à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), Thomas disparaît. On dit qu’il a quitté la France.

Et voilà que, par hasard, au jardin du Luxembourg, Laurent retrouve son « héros ». Il ose même l’approcher. L’interpeler. Et, Thomas parle. Raconte. Son départ au Japon pour « étudier certains problèmes de topologie algébrique avec un professeur de l’université de Tokyo.» Un ancien médaillé Fields. 

Sa vie, là-bas ? La liberté. Le rêve. « J’étais traité comme un hôte de luxe par tous les Japonais que je rencontrais, j’avais l’impression de jouer en permanence le rôle du ministre en visite diplomatique. »

Quand Thomas rencontre Ayako, c’est le coup de foudre. Pas seulement parce qu’elle est jolie et douce, ni parce que sa peau lui semble « un mystère de nature divine » mais aussi parce qu’elle lit les Illuminations. Elle aime Rimbaud, comme lui. 

« Tu as, donc, été heureux au Japon ? » lui demande Laurent.
« Nous avons vécu parfaitement heureux l’espace de deux moi. »

En mars 2011, survient la catastrophe de Fukushima… La vie bascule. Les expatriés fuient. Ses parents, ses amis, ses professeurs lui demandent de rentrer en France. Seul ? Peut-il abandonner Ayako ? Par ailleurs a-t-il le droit, lui le génie des mathématiques, de risquer sa vie et de briser l’espoir que tant de personnes ont placé en lui ? Un dilemme cornélien à moins que « la légende d’Arville » ne trouve l’équation du bonheur … 

Emmanuel Arnaud, né en 1979, signe là un roman étonnant et dérangeant. Une interrogation troublante : peut-on parler « d’une vie réussie » lorsqu’on a le talent et les diplômes mais qu’on néglige sa famille et ses amis ? Une image troublante de la modernité.

MARIE TORRES« 

Octobre 2014

Chronique dans Chro par Bernard de Quiriny 

24 Octobre 2014

Chronique dans Lepoint.fr par Marine de Tilly :

http://www.lepoint.fr/livres/echecs-et-maths-24-10-2014-1875333_37.php

« Dans un roman vif et bref, Emmanuel Arnaud imagine la chute d’un prodige des maths, malheureux prophète en son beau pays, la topologie.PAR

Vade-mecum

C’est l’histoire d’une star des maths, le genre major de promo-légende de la prépa, le genre front gigantesque et dégagé qui fleure bon la médaille Fields, le genre Cédric Villani mais sans les noeuds pap et les araignées, et qui, par les hasards pas très mathématiques de la vie, « finit » prof au collège-lycée de Goussainville, sans le sou, dans un logement social du XIXe, marié à une Japonaise douce et qui ne l’aime plus trop. Alors que sa place était, le plus naturellement du monde, à la Nasa, à la recherche au MIT ou au moins à Cambridge, Thomas Arville, le kaiser, le roi, le pape des maths, est prof dans un lycée de banlieue, comme un crevard, « comme dans Entre les murs ». Laurent Kropst n’en revient pas.

Il y a trois ans, avant que Thomas Arville ne disparaisse totalement des radars du petit monde des sciences de France, Kropst, c’était un « no name » de Louis-le-Grand. Il ne devait pas être si mauvais, puisqu’il y était. Mais il n’était rien, rien de rien. D’ailleurs, ils étaient tous des crottes de mouche à côté de Thomas Arville. Combien de fois avait-il voulu lui parler mais n’avait pas osé ? Et voilà que l’idole réapparaît dans une allée du jardin du Luxembourg. Un peu débraillé, l’oeil triste, et apparemment disposé à se confier sur les trois dernières années de sa drôle de vie.

Après LLG et l’ENS-Ulm – parce que l’X, c’était naze (comprendra qui pourra, on est entre soi) -, Arville était parti en stage au Japon. Là-bas, dans un bus, il était tombé amoureux fou d’Ayako, aussi pure et aussi parfaite qu’un raisonnement mathématique, et qui lisait, cerise sur le gâteau, une traduction des Illuminations de Rimbaud. Ensuite, il y avait eu Fukushima, mais même le vilain nuage toxique semblait soluble dans les explications topologiques, quasi métaphysiques, produites par les neurones agiles du surdoué. De retour en France avec sa belle Nippone la vie avait été plus raide. Adieu, les brillantes études et les écoles de recherche américaines ; hors compétition, le renégat de la science : il fallait bien manger. Alors, avec sa pureté faite femme, ils s’étaient installés dans un deux-pièces à Stalingrad, ils s’étaient mariés – Ayako ne parlait pas un traître mot de français et n’avait pas de papiers, le futur Nobel avait accepté ce poste à Goussainville et les amoureux héroïques et misérables ne prenaient qu’une « Reine » pour deux à la pizzeria chinoise d’en bas.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il est soigné, brillant, élégant. Lucide et désabusé, aussi. Parce qu’il pose pour ainsi dire l’équation douloureuse talents-diplômes/succès/réseaux-relations sociales. Parce qu’il dérange et interroge sur le fonctionnement des élites modernes. Parce que, même quand on est un génie précoce des maths, apparemment, on peut louper le calcul existentiel. La vie n’est pas sous le coup des lois de la logique ni même sous le coup de celles de l’élégante topologie (une discipline « des liens et des lieux » qui, comme l’écrit Arnaud, n’exige « aucun calcul à effectuer »), elle n’a rien de rationnel, pas plus que l’amour ou la passion. Et enfin parce que, quel que soit le système auquel on s’accroche, qu’il soit puissant ou imbécile, on chute, « nul ne s’accroche sans accrocs ».

Où et quand le lire ?

Quand on est aussi doué en maths que Katherine Pancol l’est en littérature. Ça rassure un peu. Quand on a 18 ans, que l’on n’est pas trop mauvais et que l’on s’interroge sur les études que l’on va faire. Sur un banc du jardin du Luxembourg, au printemps

A qui l’offrir ?

A tous les matheux, à tous les amoureux. Et en tout cas surtout pas aux profs de maths de lycées et de collèges, ça pourrait les énerver.

Topologie de l’amour d’Emmanuel Arnaud (Métailié, 140 p., 15 euros)« 

17 Novembre 2014

Chronique sur le site daily-passions.com par Noé Gaillard :

« Une couverture étrange qui montre une suite d’équations et de formules mathématiques et une femme nue de dos et assise en partie “cachée” par le nom de l’auteur et le titre. Question : qu’est-ce qui va attirer le lecteur potentiel ? Le titre, les formules, le nu ou le nom de l’auteur?

Je vais vous fournir une information, la définition du mot topologie. “Partie de la géométrie qui étudie les propriétés qualitatives et les positions relatives des êtres géométriques indépendamment de leur forme et de leur grandeur.” et le dico ajoute : “la topologie a d’abord été appelée : géométrie de situation”. Pour bien comprendre et apprécier le livre, c’est cette dernière appellation que l’on retiendra. Emmanuel Arnaud imagine un potentiel méritant de la médaille Fields (généralement associée à l’idée d’un Nobel de mathématiques) retrouvé par hasard par un de ses admirateurs et qui raconte comment il en est arrivé à n’être que professeur agrégé de mathématiques dans un lycée de la banlieue parisienne. Ce “héros” s’appelle Thomas Arville et au lieu de suivre la voie classique pour être reconnu comme un génie, part pour le Japon travailler avec un maître de la topologie. Arville est de ces individus qui pensent les mathématiques de tête et ne se servent d’un papier et d’un crayon que pour écrire ce qu’ils ont trouvé… Au Japon il s’éprend d’une jeune femme qui lit Rimbaud et survient l’accident de Fukushima. Ses amis, ses parents lui demandent de rentrer. Il se met à étudier le problème du nucléaire et décide de rester… Quand il revient en France, il est “oublié” et doit passer l’agrégation pour gagner sa vie… Il tentera de faire publier un article et se heurtera à la coterie habituelle… Je vous laisse découvrir la suite et la fin. Une fin que pour ma part je trouve un peu rapide et fade… Emmanuel Arnaud parvient à rendre son presque monologue intéressant en donnant trois voix à son roman. Celle de celui qui croise Arville, celle d’Arville et celle d’un narrateur qui raconte ce qu’Arville ne dit pas… Comme quoi on peut rendre plaisante l’idée des mathématiques…

Bonne lecture »

3 janvier 2015
Interview dans l’émission radio Le temps des écrivains (France Culture) par Christophe Ono-dit-Biot : (présentation et podcast)

« François-Henri Désérable, Cédric Villani et Emmanuel Arnaud sont ce jour les invités de Christophe Ono Dit Biot.François-Henri Désérable, Evariste , GallimardCédric Villani, La Maison des mathématiques , Le Cherche midiEmmanuel Arnaud, Topologie de l’amour , MétailliéLeurs choix musicaux :François-Henri Désérable : « Le boléro », Maurice RavelCédric Villani : « Saint Max », Allain LeprestEmmanuel Arnaud : Concerto pour piano 23 (K 488), de W.A. Mozart, interprétation de Mitsuko Uchida

 

Intervenants

Voici maintenant quelques chroniques de libraires et bibliothèques :

30 août 2014

Librairie Vaux Livres

http://www.vaux-livres.fr/aff_oneliv.php3?num=1506

« Thomas Arville était un brillant étudiant et a suivi le chemin parfait, grand lycée parisien, grande prépa, Normale Sup, cursus idéal. A chaque étape, il marque son passage, impressionne, il est programmé pour recevoir la prochaine médaille Fields française. La pureté est son domaine, la topologie son application. Pureté qu’il retrouve en Ayako la jeune japonaise qu’il rencontre lors d’un stage au Japon. Lui, le tombeur volage, est amoureux et malgré Fukushima, préfère rester auprès d’elle et achever son stage. Ayako l’accompagne lors de son retour en France, et puisqu’il faut bien gagner sa vie, le brillantissime Thomas Arville devient petit prof de maths dans un lycée difficile et s’installe dans un modeste appartement du XIXe. Choc des cultures, il croyait gravir les marches deux à deux jusqu’au sommet, il s’écroule et vient de perdre un échelon. Pour avoir privilégier la pureté (« Les mathématiques lui avaient redonné l’espoir, puis l’assurance d’une certaine pureté face au monde était possible, et qu’elle était même vivable, il en était l’incarnation, n’est-ce pas ! ») et refuser les concessions, il demeure, seul, sans réseau, isolé, et fatigué dans cette vie qu’il n’attendait pas, l’étoile s’est éteinte. Histoire de l’Irrésistible chute d’un jeune homme brillant mais somme toute peu sympathique et assez méprisable. « 

Voici enfin quelques chroniques parues sur les blogs :

Juin 2014

Blog de Didier Blazy (sur salon-litteraire.com)

http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/metailie/review/1886604-topologie-de-l-amour-emmanuel-arnaud-rentree-litteraire-septembre-2014

. »Les bons livres pansent les maux de l’âme. Les moins bons, cautères sur jambe de bois, ne supportent guère la lecture avertie. Le dernier opus d’Emmanuel Arnaud appartient probablement à la première catégorie. Dès lors, que soigne-t-il ?

Le premier soin est patent. Il se lit en quelques instants au dos de couverture de l’éditeur. A quoi bon être un génie précoce des mathématiques si, en pleine ascension universitaire, on se plante lamentablement dans sa vie sentimentale ?

En deuxième intention, un autre soin. L’axiome accepté, un des théorèmes en découle : inutile d’être un génie pour être heureux en sentiment. Mais là, on flirte avec le sophisme.

En trois, il est question de forme et de lien. Le personnage du roman, Thomas Arville, est persuadé, convaincu, imprimé par une certitude : la vie est réglée par les lois de la topologie, reine de la synthèse absolue de toutes les abstractions possibles. Dès le départ, l’erreur vitale est subsumée. Mais la passion doit aller au bout de sa logique, c’est sa nécessité interne. Et quand cette internité passe au dehors, inévitable, et s’y affronte, les déconvenues, les désagréments, les dérapages suivent leur pente naturelle vers l’inexorable tragédie.

On peut lire ce roman rapide, vif, lisse et incisif comme une critique indirecte, justement de l’amour parfait, trop parfait, de la topologie. Pour aller vite, la topologie est la discipline des liens des lieux. C’est donc beaucoup, c’est quasi infini. Elle semble faite pour y croire quand on y nage comme un vieux cétacé avec la jeunesse de sa toute puissance imaginaire donc réelle. Mais le réel est double, toujours double, au moins double, multiversel. Le drame de Thomas Arville (et la dramatique de l’ouvrage) consiste précisément en ceci que la topologie permet d’appréhender (et de croire comprendre, et saisir, et capter toutes les subtilités de cette science – lucidité provisoire depuis bien longtemps ) la totalité des événements d’une vie (au moins) et donc, de la sienne. Maître de son destin grâce à sa connaissance de la topologie, Thomas Arville est aveuglé, tel Oedipe ou Hamlet, et l’aveuglement, s’il comporte des éblouissements qui rassurent, s’il est adoubé par un dehors familial, amical et social, n’en demeure pas moins une perception tronquée du vital qui n’est qu’un fil tendu entre deux indéfinis, probablement non topologisables.

Même l’événement de Fukushima. Thomas Arville mobilisera ses neurones agiles pour adapter sa vie et celle de sa dulcinée nippone. Il croit y parvenir et y parvient. Le nouveau Candide est de retour. Aurait-il médité sur la polémique du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, aurait-il parcouru Voltaire, Rousseau et Leibniz, qu’il aurait persisté, écologiste forcené, dans sa topologique régalienne.

Car le lien durable est assignation à un lieu. Ce n’est pas parce qu’on le sait que l’on est capable de le vivre. Les idiots et les crétins sont souvent très heureux, localisés aux liens indéfectibles de la bêtise. Soyons donc crétins ! Pas facile. Même le crétin se croit futé – c’est à ça qu’on peut le reconnaître. Ici, ben peut-être, le jeune génie précoce, le plus fort en maths que les meilleurs professeurs, souffre de cette limite très crétine : il n’y a pas de différence entre s’accrocher à une idée très simple et s’accrocher à un système de la plus haute complexité. Nul ne s’accroche sans accroc. Et l’on savourera l’épisode de l’anicroche de Thomas Arville avec l’autre Japonaise, anecdote paroxystique, qui, après s’être déplacée en toute topologique vers le harcèlement absolu, dénouera le lien de l’amour (le mariage) entrainant Thomas, entropologiquement, dans une simplicité retrouvée.

Du fond de cette piscine, il pensera remonter à la surface. On ne surfe pas impunément sur les abstractions, mais sur les vagues et contre les murs.

Topologie de l’amour est une belle démonstration topologique que l’amour échappe aux lieux et à leurs formes. Ce livre illustre aussi élégamment la théorie des catastrophes. De l’anneau de Moebius à René Thom, la conséquence est souvent bonne.

Didier Bazy« 

11 Septembre 2014

Blog de Yv

http://www.lyvres.fr/article-topologie-de-l-amour-124358236.html

« Lorsque Laurent Kropst qui vient d’intégrer Polytechnique se balade au parc du Luxembourg, il reconnaît, assis là, seul, Thomas Arville, un ancien du Lycée Louis Le Grand, promis à un avenir brillant, probable successeur de Cédric Villani à la médaille Fields. Laurent s’assied à ses côtés, l’interroge et apprend que Thomas est professeur de maths dans un lycée de banlieue classé en zone sensible. Qu’a-t-il bien pu arriver pour que ce génie des mathématiques qui ne pouvait que devenir un chercheur de renom, qui devait côtoyer les plus grands et les plus illustres scientifiques avant d’intégrer lui-même ce cercle très fermé ne se retrouve à enseigner dans un lycée défavorisé ? Son séjour au Japon et son retour en France après Fukushima avec une compagne japonaise auraient-ils changé la donne ?

 Revoilà Laurent Kropst déjà rencontré dans Le théorème de Kropst il y a un peu plus de deux ans. Cette fois-ci, il est le faire-valoir de Thomas Arville, celui qui recueille son histoire et par son intermédiaire, nous permet de la recevoir nous aussi. Alors merci Laurent Kropst, parce que cette histoire est vraiment très bonne et comme la précédente, elle réconcilie mathématiques et littérature. Vous savez que je suis aussi bon en mathématiques que C. Angot l’est pour faire des phrases compréhensibles, c’est dire si je ne capte rien à la chose. Et bien, malgré mon handicap, je me suis plu à lire les pages consacrées à la topologie des maths, cette « partie la plus conceptuelle des mathématiques […]. Il n’y a dans cette section des mathématiques pour ainsi dire aucun calcul à effectuer. Il s’agit uniquement de réfléchir à des formes, ou des systèmes de formes, ou des interactions de systèmes de formes, en prenant appui sur l’ensemble des exemples connus accumulés par l’histoire et la pratique des toutes les autres branches des mathématiques. La topologie s’intéresse à des espaces, à des lieux, dans le sens le plus général du terme, et à leurs propriétés, quelles qu’elles soient. […] C’est une théorie très unificatrice, qui explique avec extrêmement peu d’axiomes un grand nombre de phénomènes. » (p.34). La philosophie des maths en quelque sorte ! D’autres pages qui expliquent la méthode de travail de Thomas pour comprendre Fukushima dans tous ses aspects et sa grande capacité à assimiler et synthétiser les informations sont elles aussi excellentes.

Thomas est un homme pur qui ne supporte pas la compromission, le mensonge et cette philosophie de vie le guide très longtemps, ce qui en fait une sorte d’extra-terrestre dans son monde de compétition extrême et dans le monde en général. Seul son esprit le sauve. « Est-ce que la pureté visée par l’adolescence est une erreur, ou est-ce la vie réelle qui d’ordinaire la contredit sèchement dès l’âge de douze ans, un état qu’il convient de fuir, si on en a comme Thomas, à cause d’un don quelconque, la rare opportunité ? » (p.112) Il raconte son histoire d’amour pour les maths bien sûr, mais aussi pour Ayako son épouse japonaise, sa loyauté envers elle et sa tristesse de ne pas la voir épanouie lorsqu’ils rentrent en France. 

Emmanuel Arnaud écrit là un très beau roman (court, 139 pages) avec un personnage hors norme, très attachant. Une vraie belle histoire d’amour à trois personnages, Thomas, Ayako et les maths. Qui Thomas doit-il sacrifier pour vivre ? Il ne peut vivre sans les maths, mais sans Ayako la vie lui est impossible. E. Arnaud décrit la vie d’un homme promis à un bel avenir qui peut se retrouver au plus mal lorsque ses réseaux ne fonctionnent plus, la descente inéluctable lorsque le chemin pris ne convient pas au standing social auquel on se destine. Le monde des élites est impitoyable pour qui ne se plie pas aux mondanités qu’il implique.  

Extrêmement bien écrit, Emmanuel Arnaud prouve là son talent déjà plus qu’aperçu avec son roman précédent. Que ceux qui comme moi, n’entravent rien aux maths ne se laissent point décourager, ils rateraient un très bon roman. »

11 Septembre 2014

Blog de Sophie Andriansen « Sophie lit »

https://sophieadriansen.wordpress.com/2014/09/12/topologie-de-lamour-emmanuel-arnaud/

« Passionné de mathématiques, Thomas Arville exècre le calcul et vénère la topologie, cette forme de pureté qu’il décide d’étendre à son existence toute entière. En matière d’amour, il la rencontre en la personne d’Ayako, une Japonaise croisée dans un bus, une traduction des Illuminations de Rimbaud à la main, alors que lui est en stage au Japon. Comment renoncer à la pureté en amour quand la vie l’a placée sur son chemin ? La catastrophe de Fukushima le pousse à rentrer en France, mais il ne le fera qu’avec Ayako à son bras.

« Il avait transposé dans la vie réelle ce qu’il percevait en mathématiques. » (page 42)

De retour en France, le brillant Arville enseigne dans un collège de Goussainville et vit avec sa douce dans un logement social d’une cité du XIXème arrondissement où il ne fait pas bon sortir à la nuit tombée. Que reste-t-il dans tout cela de la pureté qui devait présider à l’existence de Thomas ? C’est dans le récit qu’il fait de son rapide parcours à Laurent Kropst, héros du précédent roman d’Emmanuel Arnaud qu’Arville croise au jardin du Luxembourg, que sa dégradation va éclater au grand jour. Et la dégradation enclenchée, par l’« effet de l’enchaînement mécanique des causes et des effets, lorsqu’ils ne sont contrés par aucune volonté un peu ferme », est-il possible d’éviter la chute ?

Dans ce bref roman, Emmanuel Arnaud interroge les choix qui se font pendant les études supérieures, dont dépend souvent toute la suite d’une existence, et questionne la façon dont on construit son ascension autant que sa chute sociale. Comment résiste-t-on contre ce que l’entourage attend de soi ? Qu’est-ce que la réussite ? Comment la société la mesure-t-elle ? A défaut de revenir en arrière, peut-on effacer un peu de son histoire et recommencer autrement ?

Un sujet tellement passionnant qu’on n’aurait pas détesté que lui soient accordées cent pages de plus. »

et le 15 Septembre 2014 interview par Sophie Andriansen :

https://sophieadriansen.wordpress.com/2014/09/15/la-rentree-litteraire-demmanuel-arnaud/

« Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

C’est en effet ma première rentrée littéraire de septembre. La sortie d’un roman est toujours un événement exaltant pour un auteur, mais d’autant plus lorsque cela arrive en septembre, je crois. Je ne connais pas du tout les us et coutumes d’une telle rentrée,
mais je vois les échanges multiples entre ma maison d’édition, les journalistes, les libraires, les salons, et moi, et tout cela est très impressionnant. Une amie m’a parlé de parcours de « rock star ». C’est vraiment très (très) exagéré dans mon cas (!), mais l’idée est bien là, et c’est fort sympathique.

Ne la connaissant guère, je n’attends donc rien de particulier de cette rentrée, si ce n’est participer le plus activement possible à ce road show, qui me ravit, parce que c’est surtout une occasion unique de parler de mes textes, et de littérature de manière générale, avec de nombreux interlocuteurs tout à fait passionnants. Il faut en effet bien avouer que le reste du temps, c’est-à-dire pendant les deux ans – au moins –  qui me séparent de mon prochain roman, les occasions sont rares. Auteur est un métier solitaire !

.

Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

J’ai toujours l’habitude de lire en même temps un roman de longue haleine, que je lis le plus lentement du monde, et qui me prend d’ailleurs parfois plusieurs années de ma vie, et une multitude de lectures partielles parallèles, morceaux de romans ou d’autres catégories de livres (histoire, philosophie, poésie, etc.). Parmi ces derniers figure en ce moment en effet un certain nombre de romans de la rentrée littéraire. Le choix se fait aussi en fonction des occasions ; par exemple dans deux semaines je rencontre au salon Les mots Doubs de Besançon, Olivia Rosenthal et Joy Sorman ; cela me donne envie de lire leurs romans, pour ensuite mieux discuter avec elles.

En ce moment (mais vous m’auriez posé la même question il y a près d’un an, vous auriez eu la même réponse), mon roman de longue haleine, c’est les Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand. »

12 Octobre 2014

Blog de Cunéipage Sylvie Sagnes

https://cuneipage.wordpress.com/2014/10/12/cetait-dit-brutalement-mais-il-constituait-un-investissement/

« On le retrouve dans ce roman mais de manière très auxiliaire, en guise de prétexte. Alors qu’il entame la suite de ses très prestigieuses études, il tombe sur Thomas, la vedette incontestable et incontestée des prépas et de Normale sup. Il se souvient alors l’avoir croisé trois ans plus tôt, un Thomas bien différent des années de gloire : parce qu’il avait tenté de se conformer dans ses actes à l’idée de pureté qu’il entretenait au sujet des mathématiques, Thomas s’est retrouvé au plus bas; et c’est uniquement en acceptant sa propre déchéance, en renonçant à ses idéaux, qu’il a pu se remettre en selle. Laurent nous raconte alors Thomas qui se raconte à lui (un peu alambiqué comme construction mais bon), pour en définitive se retrouver tous deux au même moment à l’orée de la même Grande Ecole. Un roman moins incisif que le premier, mais qui expose avec clarté les renoncements auxquels nous contraint la vie quotidienne. Hé non, être un pur esprit n’est guère conciliable avec la réalité, et en même temps c’est difficile de ne pas en vouloir à Thomas, même si on comprend bien les étapes de ses raisonnements, c’est moche ce qu’il finit par faire, en plus d’être un peu facile. C’est la grande force du roman, mettre face à face des conceptions opposées, dans un milieu très intellectuel (et très concurrentiel). »

30 Octobre 2014

Blog de Noukette

http://aliasnoukette.fr/topologie-de-lamour-emmanuel-arnaud/

« Je ne sais plus trop pourquoi j’ai eu envie de découvrir ce roman. Peut-être parce qu’il est écrit par un jeune auteur et que l’idée de découvrir une plume potentiellement pleine d’audace et d’irrévérence a tendance à me titiller, allez savoir… Je suis donc partie à l’aveuglette dans cette histoire, sachant qu’il y était question de mathématiques et d’amour, deux concepts qui sont pour moi complètement antinomiques il faut bien l’avouer…

Pour être honnête, j’ai progressé à tâtons, d’abord un peu dubitative, le personnage principal cumulant les traits de caractère qui on tendance à me hérisser le poil. Et puis, petit à petit, au fur et à mesure de son évolution, j’ai fini par trouver assez jubilatoire de le voir s’embourber dans ses contradictions…

Ce roman condense en peu de pages l’histoire de Thomas d’Arville, élève brillant promis à un avenir tout aussi brillant dans le monde des mathématiques. Une légende à Louis Le Grand, un espoir pour tous ses professeurs qui le voient déjà lauréat de la médaille Fields dans quelques années, voire même prix Nobel. Ce que Thomas n’a pas vraiment du mal à imaginer non plus d’ailleurs… Pourtant, quand Laurent Kropst, lui même ancien élève des classes préparatoires, le croise dans les jardins du Luxembourg, l’étoile montante des mathématiques a l’air d’avoir pris un sérieux coup dans l’aile. Alors que l’avenir lui souriait et que tout le monde croyait en lui… le voilà devenu professeur dans un lycée de Goussainville. Comment a-t-il pu en arriver là ? Qu’est-ce qui a pu le faire dévier de sa route toute tracée et le faire tomber si bas…? La raison se trouve au Japon et se nomme Ayako…

Grandeur et décadence d’un petit génie. Si au départ je m’attendais à une histoire assez anecdotique, du genre vite lue, vite oubliée, c’était sans compter le talent de l’auteur à tisser serrée la toile d’araignée autour de son héros. C’en est réjouissant. Laurent est finalement le seul responsable de sa chute. Arrivé au Japon pour un stage à la veille de la catastrophe de Fukushima, il ne se résoudra pas à y laisser la jeune japonaise qu’il vient d’y rencontrer et dont il croit tomber profondément amoureux. Quand il finit par rentrer à Paris, c’est avec elle. Et là commence la vraie galère…

Réjouissant, je ne vois pas d’autre mot. Je me suis laissée embarquée, même pas rebutée par les quelques passages matheux et intellos, c’est dire. L’auteur a une vraie plume, moderne, parfois acide et un brin dérangeante. Il a quelque chose de brillant lui aussi, comme son personnage, et on sent bien qu’il a fréquenté les grandes écoles et qu’il en connaît bien les rouages. Du coup, c’est un vrai régal et ça sonne vrai.

C’est élégant, même un peu classieux par moments. Il y a de l’audace, plein, et ça j’aime. Les élites en prennent un coup de même que la délicate équation études/carrière. Et là, ça sonne encore plus vrai. Quant à l’histoire d’amour entre le petit prodige des maths et la jeune japonaise, si on sent bien qu’elle est morte dans l’œuf, lui n’a l’air de rien voir venir… Comme quoi, on n’échappe pas à son destin…« 

13 Novembre 2014

Blog Les amis du Grain des mots

http://lesamisdugraindesmots.fr/2014/11/topologie-de-l-amour.html

« Paris – Tokyo – Goussainville …. 2011

De l’espoir d’obtenir la prochaine médaille Fields via une bourse de recherche de quelques mois au Japon à l’enseignement des mathématiques dans un lyçée difficile du Val d’Oise,, qu’est-il donc arrivé à Thomas, jeune normalien surdoué de 21 ans ?

Une rencontre assez improbable avec Ayako, croisée par hasard lisant Les Illuminations de Rimbaud alors que la catastrophe de Fukushima s’annonce…

Thomas, idéaliste et passionné, essaie alors d’appliquer les valeurs de pureté et de détachement qui l’ont séduit dans la topologie à la résolution des dilemmes, eux bien concrets, auxquels il se trouve brusquement confronté.

Jusqu’où le raisonnement intellectuel et la volonté farouche de ne pas trahir la noblesse de ses sentiments l’entrainera-t-il ?

Il va devoir affronter les conséquences inattendues de ses choix ….

L’auteur, jeune trentenaire, qui signe ici son troisième roman, connaît bien son sujet, puisqu’il est lui-même issu du sérail des grandes écoles. Sa plume, légère et ironique, s’attache à montrer dans quelle « bulle » ces futurs « génies » sont installés, mais n’épargne pas non plus les « oeillères » du milieu de la recherche ni l’étroitesse d’esprit de l’air du temps.

Le lecteur s’amuse -beaucoup-, s’instruit aussi, mais surtout peut également s’approprier l’histoire de Thomas pour méditer à son tour sur les pièges de l’orgueil et du sentiment juvénile de toute-puissance qui font refuser toute compromission.

Un livre revigorant, roboratif, très réussi.

Nicole B« 

14 Novembre 2015

Blog Crabe des arts par 

http://www.crabedesarts.com/Topologie-de-l-amour-d-Emmanuel-Arnaud_a556.html

« Un roman court sur les difficultés de concilier ambitions professionnelles et envie de vivre pleinement quand les études s’éternisent.

ville était un espoir des mathématiques. Légende des prépas, normalien haut la main, future médaille Fields, il a pourtant fini professeur de lycée dans une obscure banlieue.
Comment s’est-il écarté de la voie brillante tracée devant lui ? Il aura suffit d’un stage au Japon, il aura suffit d’Ayako, muse nippone, d’un séisme et de Fukushima.

Peut-on supporter de détruire sciemment toutes ses ambitions, même pour l’amour absolu ? Espérer vivre en faisant vibrer son cœur vaut-il de saborder sa carrière ?

Emmanuel Arnaud signe ici un roman entièrement axé autour de son personnage principal, le seul à être suffisamment développé pour prendre consistance. Mais quel personnage ! L’auteur s’amuse à créer un mathématicien véritable, à la recherche de la pureté absolue, flamboyant d’exactitude, loin des clichés du cartésien froid et asocial. Il montre ce que la recherche scientifique peut avoir de vivant, de passionnée et d’exalté, rendant Arville dynamique et séducteur, entre Cédric Villani et Evariste Galois.

C’est une vision radicale du monde et de l’existence qu’Arville recherche : il veut appliquer la rigueur et l’intransigeance des mathématiques à sa vie entière.Adolescent romantique, il déplore que l’honnêteté intellectuelle qu’on lui a transmise au fil de ses études soit si absente de la vie courante de tout un chacun. Arnaud écrit ainsi de belles pages sur les maths, science trop souvent mal considérée parce que mal connue.

 
MANQUE DE RUGOSITÉ ?
C’est cette exigence de pureté qui mènera Arville à se perte. Comme tout adolescent romantique qui souhaite plier le monde au gré de ses idéaux, il se heurtera au sordide du réel. Tout jeune voit ses illusions broyées au fil de ses expériences et perd ses illusions en devenant adulte.
Mais un jeune mathématicien, rompu à manipuler des abstractions, croyant en la pureté de la pensée, comment peut-il s’accommoder de la crasse ? Comment ne pas s’engager entièrement dans un amour comme on s’engage dans une démonstration ?
Et plus l’engagement sera plein et entier, plus la réalité sera niée, plus les rêves seront portés au pinacle, plus dur sera le retour à la réalité. Emmanuel Arnaud signe ici un joli roman, habilement conduit autour d’une belle idée. On pourra lui reprocher une écriture parfois un peu simple (mais très claire), le manque d’intrigues parallèles et de personnages secondaires et une fin un peu brutale, mais c’est peut-être qu’il a lui aussi écrit son roman comme un mathématicien rédige un théorème : en allant droit au but, exalté par la force de sa vision. »